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Affaire Albatros : Chacun a pris « sa part » (suite 1)

Affaire Albatros : Chacun a pris « sa part » (suite 1)

Les détournements de Yves Michel Fotso : le réseau GIA International

C’est seulement quand ils ont compris que les ordres qui leurs sont donnés sont ceux de détournement des fonds publics (les fonds du peuple camerounais) que les exécutants, dont quelques uns seulement sont aujourd’hui en prison, ont vu leurs appétits pour l’enrichissement facile et sans cause s’aiguiser. Tous ceux qui étaient impliqués dans cette opération d’achat d’avion présidentiel ont en effet pris leur « part » du butin rendu ainsi possible par Paul Biya.

Parmi ceux-ci, Yves Michel Fotso, que le dossier d’instruction semble considérer comme le cerveau de la première phase des détournements des fonds publics, ceux organisés sur le faux achat d’un Business Blue Jet 2 (BBJ-2) neuf auprès de Boeing, et qu’on peut appeler le réseau GIA International. En voici les faits.

Après les instructions présidentielles sur l’achat d’un avion neuf en violation de la convention passée avec le FMI et la BM, Yves Michel Fotso, alors Adg de Camair participe avec Michel Meva’a M’Eboutou, et Bénaé Mpecke et ses collaborateurs à une série de réunions à la présidence de la république, convoquées par le Sgpr Marafa Hamidou Yaya. Yves Fotso présente et soutient la solution du « leasing » d’un avion qu’il aurait déniché chez Boeing, une solution de location devant amener l’Etat à payer les traites sans être propriétaire de l’avion.

La solution du leasing, par l’intermédiaire d’une société américaine que Fotso et Marafa appelaient GIA International Inc Corporation, est « systématiquement écartée par l’assistance », sous la conduite de Meva’a M’Eboutou qui soutient que le prestige du chef de l’Etat en pâtirait et que c’était compliqué avec les traites. Le groupe adopte donc comme solution unique l’achat d’un avion neuf par la Camair, financé par la SNH, dont Fotso devait ordonner la construction par Boeing.

Le dossier d’instruction souligne bien qu’ « il ne fallait pas laisser transparaître la moindre écriture que l’avion était acquis par l’Etat directement. C’est à cette seule fin que devait être utilisé le nom de la CAMAIR ». Ce qui en dit long sur le faux et la tentative de détournement qui entouraient cette opération initiée par Paul Biya.

Sur instructions du Sgpr Marafa Hamidou Yaya et du ministre des finances Meva’a M’Eboutou Michel  «de bien vouloir avancer au T résor Public la somme de 31 millions de dollars US en vue de la commande d’un Boeing 767 BBJ-2 » – répartis comme suit : 1,5 milliards Fcfa à la CBC pour payer le « deposit » exigé pour la commande de l’avion, et $29 millions au profit de GIA International Inc Corporation pour que celle-ci les verse au constructeur Boeing -, le Dg de la SNH, Adolphe Moudiki Elame, exécute le même jour 21/08/2001 l’ordre de transfert de 1,5 milliard Fcfa à la Commercial Bank Cameroon (CBC dirigée par Yves Fotso) a partir de son compte à la SCB-Crédit Lyonnais Yaoundé, ainsi que le transfert au profit de GIA International (compte 323 070 380 à Bank of America) de $29 millions, soit 24,025 milliards Fcfa, à partir de ses comptes dans BNP Paribas et de Crédit Lyonnais.

Après réception de ces fonds d’un total de $29 millions des banques françaises, Bank of America leur a signifié sa surprise sur de tels « virements inhabituels tant en leur montant que par rapport au secteur d’activités de GIA International Inc Corporation ». Ses homologues français ont répercuté les inquiétudes de Bank of America à la SNH, en exigeant a celle-ci de leur produire le contrat et la facture de l’achat de l’avion, faute de quoi les comptes de SNH à BNP Paribas et Crédit Lyonnais seraient fermés.

Adolphe Moudiki a saisi trois fois d’Octobre 2001 à Janvier 2002 le ministre des finances lui demandant le contrat et la facture de l’avion, sans réponse de la part de Meva’a M’Eboutou. Par une lettre du 18/02/2002, Meva’a M’Eboutou répond à Moudiki en lui transmettant une lettre de Yves Michel Fotso lui communiquant l’adresse de GIA dans l’Etat de l’Oregon, ainsi que des contacts téléphoniques et fax de cette entreprise aux Etats-Unis. Ce qui ne peut pas satisfaire Bank of America et les banques françaises…

Le 28/03/2002, Moudiki écrit à l’Adg de Camair Yves Fotso et lui donne 48 heures pour lui « communiquer les justificatifs (facture et contrat) » pour l’avance de $31 millions faite pour « le renforcement de la flotte » de la Camair.

En réponse, Mr. Yves Fotso lui a plutôt adressé une fiche du compte de GIA International auprès de Bank of America, qui mettait en relief, parmi les signataires ayant le pouvoir de mouvementer ce compte, Yves Michel Fotso. En clair, Yves Fotso était, sinon un propriétaire de GIA International Inc Corporation, du moins l’un de ses gestionnaires.

En plus, Fotso y annexait une lettre d’intention datée du 30/08/2001 signée entre Boeing et GIA International Inc Corporation (et non pas entre Boeing et Camair comme le gouvernement lui avait demandé de faire) ainsi qu’un relevé du compte GIA international montrant un virement de $29 millions reçu le 24/08/2001. Tout ceci, sauf le contrat et la facture demandés par la SNH…

Un document, reçu par Moudiki du ministre de la justice, signé par l’Adg de Camair Yves Fotso et par le Senior Vice-President, Project Director de GIA International, Fernando Gomez-Mazuera, « fait état, non pas d’un achat ferme et direct par Cameroon Airlines de l’avion « BBJ-2 » tel que escompté par le gouvernement, mais plutôt d’un contrat de « leasing » d’avion entre « Cameroon airlines » et « GIA International Inc Corporation » cette dernière étant propriétaire de l’aéronef ».

Une lettre datée du 30/08/2001 de Boeing adressée à Russel L. Meek, Chairman de GIA International ressort pour sa part que le prix d’achat net du BBJ-2 neuf convenu entre Boeing et GIA était de $45 millions.

Du 8 au 12/9/2001, une équipe de l’Etat-major particulier de président de la république, composée du colonel Justin Mitlassou et du Lt-Colonel Ndongue Charles, partie pour visiter l’avion en construction et accueillie par Russel Meek, March Goodrich de Boeing et Yves Michel Fotso, constate la fabrication en cours du BBJ-2 à Seattle dans l’Etat de Washington.

Informés par Russel Meek que l’avion serait livré entre le 25 et le 29 Mars 2002, les deux éléments de l’Etat-major sont repartis en mission aux Etats-Unis pour prendre livraison du BBJ-2 à Georgetown près de Baltimore. Mais le vol de certification du BBJ-2, prévu le 05/04/2002, n’a jamais eu lieu. Ils sont revenus bredouilles à Yaoundé, avec pour seules choses en main la clé et la maquette du BBJ-2, qu’ils n’ont plus jamais revu.

Devant la défaillance de GIA International à livrer le BBJ-2 neuf commandé – GIA International n’ayant payé à Boeing que $2 million en tout, tout en conservant le reste de $29 millions -, le nouveau Sgpr Jean Marie Atangana Mebara est entré en scène en 2003, avec son propre plan de détournements bâti autour d’une société de droit britannique nommée Aircraft Portfolio Management.

Entre autres, Atangana Mebara demande  aussitôt à GIA International de virer au profit de Aircraft Portfolio Management les $29 millions gardés sur les $31 millions reçus de la SNH. Fotso et GIA International lui répondent Niet !

L’affaire est bloquée à ce niveau, pendant que Atangana Mebara s’engage maintenant, avec Fotso et d’autres, dans l’opération de leasing d’un autre vieil avion baptisé Albatros. Celui-là qui est justement sur la photo ci-dessus, que nous avons découvert et rendu public le 19 Avril 2004.

Interrogé lors de l’instruction pour savoir pourquoi il a abandonné l’achat du BBJ-2 neuf, alors que $31 millions ont été avancés par la SNH et qu’il ne restait plus à payer que $9 millions sur un prix de $45 millions, Jean Marie Atangana Mebara répond que l’opération de cet achat avait été suspendue sur décision du chef de l’Etat. Ce que ce dernier, véritable tireur des ficelles derrière ce procès, a catégoriquement démenti.

La question à deux sous : Quel deal Atangana Mebara et Yves Fotso ont-ils conclu pour que ce Sgpr abandonne si facilement les $29 millions entre les mains de la GIA International ?

Les experts Okalla Ahanda Jean Pierre et Tonye Paul Emmanuel, commis par le juge d’instruction, ont constaté que, sur les $31 millions transférés par la SNH pour l’achat de l’avion neuf, 1,5 milliards ($2 million) virés à la CBC de Fotso n’ont pas été transférés à Boeing et ont plutôt pris une direction inconnue.

Ceci parce que Yves Fotso et ses collaboratrices, Lyonga Elizabeth et Gouet Esther de la Camair – tous co-signataires avec Fotso de l’ordre de virement -, ont fait supporter les $2 millions par la Camair, au lieu de payer Boeing avec le découvert de même montant que la CBC avait fait; puis rembourser plus tard la CBC avec ce transfert venu de la SNH.

La tranche de $29 millions reçue dans le compte de GIA International dans Bank of America a été utilisée par GIA International, d’après ses propres justificatifs, ceci au mépris total de l’objet pour lequel elle était destinée à savoir l’achat d’un BBJ-2 neuf, pour les dépenses suivantes :

– achat pour $16 millions auprès d’une entreprise dénommée B.E.I.T.H. LTD BP 4004 Douala d’un avion Boeing 767-200 (baptisé Albatros) en location-vente à Camair ;

– $1,6 million pour l’achat d’un avion Beech 1900 ;

– $1,567 millions pour l’achat d’un avion Lockheed C130 ;

– 2 règlements de 0,25 million pour l’achat d’un Falcom 120 ;

– $6 million virés dans la compte de Avripo (une société personnelle de Yves Fotso) ;

– $1,5 millions virés à CNY Bank au profit de Aviation Plans and Projects (société encore à connaître) ; et

– 0,5 millions de « deposit » à Jet Aviation pour l’habillage du BBJ-2.

Le rapport des experts montre que B.E.I.T.H. LTD a son siège social aux Iles Cayman et agissait dans ce contrat comme mandataire de la société Rothwell management corporation, véritable propriétaire de Albatros.

Il ressort aussi que, de le montant de $16 millions qui a été encaissé par B.E.I.T.H. LTD, une somme de 2,836 milliards a été retirée des guichets de la CBC par des personnes physiques suivant la répartition suivante :

– Sandjong Gisèle 0,445 milliards,

– Mamadou 0, 145 milliard,

– Ying André 1,25 milliards,

– Ndonmo 0,895 milliard,

– Youmi Raymond 0,565 milliard,

– Tchana Hugues 0,235 milliard,

– Ngouma 0,2 milliard,

– Mandeng 0,1 milliard,

– et bien d’autres personnes physiques non encore identifiées 7,33 milliards.

Le reste des $16 millions encaissés par cette entreprise des Iles Cayman, soit 0,676 milliard a été transféré dans les filiales suivantes de la CBC :

– CBC Tchad 0,572 milliard, et

– CBC RC 0,104 milliard.

Il faut noter que Marafa Hamidou Yaya, alors Sgpr, est celui qui avait introduit et présenté GIA International Inc Corporation comme une « entreprise crédible ».

La liste des personnes mises en cause dans le réseau GIA-Fotso peut donc se déduire aisément.

Les détournements de Atangana Mebara, Inoni, Ndeh John Begheni, et d’autres

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3 Responses to " Affaire Albatros : Chacun a pris « sa part » (suite 1) "

  1. charles nji says:

    Good information for journalists.

    Thanks

  2. Masso says:

    you should search again for your information. comment pouvez vous attrester que Biya a démenti avoir donné instruction? Est il passé au tribunal? Un SGPR exécute les consignes du président. Atangana Mebara arrive quand l’argent a été volé. Biya lui demande de faire en sorte que son argent soit retrouvé. AM est au tribunal pour tentative de détournements d’un argent détourné en 2001 alors qu’il n’arrive qu’en 2003. Pourqoui le procès traîne? Qu’en est il de Marafa et même de Fotso père qui aurait fait touché un chèque qui lui était adressé par une de ses femmes de plus d’une centaine de millions, fait par son fils. Le droit doit être lu.

    • Mike B says:

      là c’était avant le procès de 2012, après le procès, il en ressort que Biya, Moudiki et son oncle Meva’a M’Eboutou ont des comptes à rendre aux Camerounais sur la destination exacte des 31 millions de dollars. Puisque c’est Meva’a M’Eboutou qui ordonne le virement de cet argent dans les comptes de GIA International Mais Boeing n’a perçu que 9 millions de dollars. Mebara et Marafa et dans une moindre mesure Fotso ne sont que des boucs-émissaires.

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