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MARCHÉ AFRICAIN DE LA SÉCURITÉ : L’ALITEMENT D’AFRICOM AVEC LES RÉGIMES DÉPRAVÉS RENDRA LES ÉTATS-UNIS PERDANTS DEVANT SES CONCURRENTS CHINE ET RUSSIE

La mission d’AFRICOM au Cameroun est en violation de ses principes directeurs. Il n’est pas surprenant que le Cameroun soit plongé dans le chaos d’insécurité et la crise économique. C’est tout simplement parce que le partenariat de sécurité avec AFRICOM leur a permis de disposer de «l’armée compétente et professionnelle» nécessaire pour se retourner contre son propre peuple. Les échecs d’AFRICOM dans des régimes dictatoriaux comme le Cameroun ouvrent une voie à la Chine et à la Russie en Afrique.

Ndzana Seme, The African Independent, 8 Février 2019.

 

L’Afrique, qui est trois fois plus grande que les États-Unis, a la population dont la croissance est la plus rapide au monde, ce qui constituerait également le marché économique connaissant la plus forte croissance au cours des 30 prochaines années.

 

«La Zone de Responsabilité du Commandement des États-Unis comprend 53 pays et 1,3 milliard d’habitants. Ce chiffre devrait presque doubler pour atteindre plus de 2,54 milliards d’habitants en 2050, avec une personne sur quatre au vivant sur le continent africain», a déclaré le général Thomas D. Waldhauser, commandant du corps des marines des américains auprès du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) dans sa déclaration devant le Comité sénatorial des forces armées le 7 février 2019.

 

La relation ou la corrélation entre la sécurité nationale et la croissance économique d’un pays est floue. Tout comme la croissance économique est une question de sécurité nationale, puisque les politiques commerciales qui favorisent la prospérité renforcent également le pouvoir politique et militaire d’un pays, les gouvernements non démocratiques ont tendance à dépenser toutes les ressources de l’État pour mettre en place les infrastructures de sécurité des régimes tout en négligeant de produire les investissements publics nécessaires à l’économie.

 

AFRICOM a été construit sur la conviction que «l’Afrique est un intérêt durable pour les États-Unis et que la sécurité est une condition préalable à la croissance économique et au développement», mais il ne parvient pas à montrer une corrélation entre les deux dans les pays africains partenaires depuis sa création en 2007.

 

«En tant que commandement basé sur des partenaires, le Commandement des États-Unis en Afrique aide les pays africains à mettre en place des forces militaires compétentes et professionnelles, subordonnées à une autorité civile élue et respectueuses des droits de l’homme, du droit des conflits armés et du droit international humanitaire», a déclaré le général Waldhauser.

 

Au Cameroun, l’économie est en train de s’effondrer parce que le bataillon d’intervention rapide (BIR) et d’autres unités militaires, qui sont «des militaires capables et professionnels» qu’AFRICOM a formés avec son partenaire le gouvernement de Paul Biya, ne sont pas subordonnés à une autorité civile élue, puisque toutes les élections dans le pays sont truqués.

 

Toutes les manifestations contre des élections truquées sont violemment réprimées et qualifiées de terrorisme par le régime de Biya. Les leaders de l’opposition Maurice Kamto et plus de 200 protestataires de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 sont actuellement emprisonnés, de nombreux autres blessés par balles réelles et cachés.

 

Depuis novembre 2016, étant progressivement passés de la guerre contre Boko Haram à la guerre contre les citoyens camerounais révoltés et arbitrairement étiquetés comme des terroristes, le BIR et l’armée de Paul Biya ne sont nullement pas «respectueux des droits de l’homme, du droit des conflits armés et du droit humanitaire international» puisqu’ils exécutent une répression génocidaire de la minorité anglophone révoltée, tout simplement parce que leurs victimes exigent le rétablissement de la Fédération sinon la séparation.

 

La mission d’AFRICOM au Cameroun est en violation de ses principes directeurs. Il n’est pas surprenant que le Cameroun soit plongé dans le chaos de la sécurité et la crise économique, tout simplement parce que le partenariat de sécurité avec AFRICOM leur a permis de disposer de «l’armée compétente et professionnelle» nécessaire pour se retourner contre leur propre peuple.

 

Les échecs d’AFRICOM dans des régimes dictatoriaux comme le Cameroun ouvrent un boulevard à la Chine, qui injecte «d’importants financements sur le continent, notamment en proposant des prêts essentiels à des pays situés dans des endroits stratégiques… obtenant [ainsi] un meilleur accès aux ressources minérales et naturelles de l’Afrique, ouvrant des marchés et accédant aux ports maritimes».

 

Le général Waldhauser a déclaré qu’«à court terme, les montages financiers complets pourraient faire de la Chine un partenaire attrayant pour les nations africaines».

 

Il en va de même pour la Russie, qui «a adopté une approche plus militariste en Afrique», en particulier en République centrafricaine où «les intérêts russes ont accès aux ressources naturelles à des conditions favorables».

 

En Libye, des accords conclus avec des factions rivales «visent à accéder au vaste marché pétrolier libyen, à relancer les ventes d’armes et à accéder aux territoires côtiers de la mer Méditerranée, offrant ainsi à la Russie un accès plus étroit à la frontière sud de l’Europe», a déclaré le général Waldhauser.

 

En fin de compte, le partenariat avec des régimes antidémocratiques comme ceux de Biya en Afrique rendra la mission d’AFRICOM inefficace.

 

La solution pour le succès d’AFRICOM consiste à passer globalement du soutien des gouvernement au soutien des peuples dans les pays africains non démocratiques. Et si nécessaire, dans l’intérêt des États-Unis, en éliminant les régimes oppressifs partenaires qui sont vomis par leurs peuples.

 

Ndzana Seme, 02/08/2019

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