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LA VICTIMISATION DES BAMILÉKÉ VOLE AU SECOURS DU RÉGIME BIYA EMPÊTRÉ DANS LE BOURBIER ANGLOPHONE

Chaque Owona beti ou bulu a toujours son Fokou bamiléké, pour la poursuite du régime corrompu, prévaricateur et terroriste

 

Le public camerounais et international est convaincu d’une évidence, c’est que Paul Biya et les «élites» dont il s’est entouré par décrets présidentiels n’entendent quitter le pouvoir que par la force des armes.

Tant qu’ils ont l’armée et le soutien de la France à leur service, Paul Biya et son entourage, composé essentiellement des «élites» bulu, beti et bamiléké, ne quitteront jamais le pouvoir par les voies démocratiques ou légales.

Les anglophones ont compris cette évidence, et basés sur la foi que le peuple est souverain, ils sont descendus dans la rue en fin 2016 après que le régime ait ignoré les revendications de leurs syndicats des avocats et des enseignants.

Paul Biya envoya en pays anglophones les délégations de ses «élites» afin de les embobiner, comme elles en ont l’art, avec de fausses promesses.

Ses délégations essuyèrent une cuisante défaite, leurs interlocuteurs anglophones (Agbor Balla Nkongho, Niba Fontem, Tassang et les autres) s’avérant très coriaces, en exigeant une révision constitutionnelle pour rétablir le fédéralisme annulé en 1972 par Ahmadou Ahidjo (dont le Secrétaire général de la présidence était Paul Biya) comme revendication centrale.

Coincé, Paul Biya dans son discours du 31 décembre 2016 colla l’étiquette de «Division» au fédéralisme réclamé par les anglophones en déclarant que le Cameroun est «Un pays UN et INDIVISIBLE», en présentant les manifestants pacifiques anglophones de novembre et décembre comme «un groupe de manifestants extrémistes, manipulés et instrumentalisés… INACCEPTABLE». justifiant ainsi l’assassinat de ceux que ses forces armées tuèrent par balles réelles, et traitant la revendication du retour au fédéralisme de «surenchère verbale».

En réponse à la revendication du retour au fédéralisme, il intima à son gouvernement et ses sympathisants l’ordre suivant: «Nous devons rester ouverts aux idées mélioratives, à l’exclusion toutefois, de celles qui viendraient à toucher à la forme de notre Etat», car écrit-il en lettres majuscules «LE CAMEROUN EST UN ET INDIVISIBLE !».

Même comme du temps de la République Fédérale du Cameroun, Paul Biya ne cite aucune instance de division du Cameroun, car il n’en a pas existé, il laisse tout de même croire que le fédération comme forme de l’État serait la division du Cameroun.

Dans leurs interventions publiques, ses «élites» gouvernantes alléguèrent que le fédéralisme demandé par les anglophones n’est que le début de la sécession, assimilant en même temps les camerounais anglophones aux biafrais nigérians voisins.

Et pendant que les négociations entre ses délégations et la Consortium des syndicats anglophones se poursuivait encore, Paul Biya ordonna soudainement le 17 janvier 2017 l’interdiction de la Consortium et l’arrestation de ses leaders, qui négociaient encore avec ses délégations.

Tous les anglophones que Paul Biya fit arrêter étaient traduits devant les tribunaux militaires, accusés d’insurrection et de terrorisme conformément à la loi 2014/028 de décembre 2014 (qui assimile les manifestations non autorisées au terrorisme) et passibles de la peine de mort, ceci afin d’enflammer encore plus la colère des populations anglophones déjà révoltées contre ce gouvernement qui refuse de les écouter.

Parce que les forces armées continuaient de massacrer les manifestants anglophones, et qu’à leurs multiples appels qu’ils lançaient aux populations francophones (qui partagent les mêmes souffrances) à descendre dans la rue pour en finir avec le régime Biya comme au Burkina Faso, en Tunisie ou en Egypte, les francophones camerounais ne leur répondaient que par des railleries et des insultes de «biafrais, nigérians, rats», etc., certains parmi les paysans, benskineurs, chômeurs, chefs de familles et autres anglophones commencèrent à former des groupes d’autodéfense pour résister aux forces terroristes de Biya et protéger leurs populations.

Et parce que Paul Biya et ses «élites» continuaient d’étiqueter les résistants anglophones comme des sécessionnistes et des terroristes, les populations anglophones, leurs résistants armés et leur diaspora laissèrent tomber la revendication du retour au fédéralisme pour orienter leur lutte vers leur séparation de la République du Cameroun.

Sur le terrain des combats en zone anglophone, le résistants anglophones montrèrent une bravoure insoupçonnable, infligeant de lourdes défaites aux fameux bataillons d’intervention rapide (BIR), des soldats formés par les américains et les français comme des «forces spéciales» ou troupes d’élite contre le terrorisme de Boko Haram.

C’est alors que Paul Biya et ses troupes comprirent qu’avec les anglophones, ils sont entrés dans un bourbier, puisque les Etats-Unis, le Commonwealth, les Nations Unies, la Grande Bretagne et d’autres pays accusaient leur gouvernement de refus de dialogue et d’usage disproportionnée de la force.

Toute fois que leur gouvernement est empêtré dans un scandale ou est accusé de crimes, Paul Biya et ses «élites» sont experts dans la création des diversions, afin de détourner l’attention du public et faire oublier les scandales.

Ils se servirent ainsi de l’élection du 7 octobre 2018, parfaitement connue comme gagnée d’avance par Paul Biya à l’aide de son Elecam et de sa cour constitutionnelle, pour divertir l’attention des camerounais et de la communauté internationale du génocide des anglophones, que leur armée exécute chaque jour.

Pour accompagner et légitimer Paul Biya au pouvoir, le régime a soigneusement sélectionné neuf candidats dociles pour jouer le rôle d’opposants.

Le candidat d’ethnie Bamiléké, Maurice Kamto, est la carte Joker de Paul Biya, son ami similaire à Eto’o ou Milla au football, à qui il s’est lié d’amitié de longue date depuis l’affaire de Bakassi, qu’il a nommé comme son vice ministre de la justice et dont il maintient l’épouse comme son ministre plénipotentiaire.

Rappelons qu’à chaque réélection présidentielle, de même il utilise l’équipe des Lions indomptables lors de ses campagnes en se présentant comme le Lion indomptable du Cameroun, de même Paul Biya utilise le vieux «problème bamiléké» (créé de toute pièce par un chroniqueur colonial français, Lamberton, pour soutenir pendant la lutte des indépendance qu’en l’absence de la France les tribus camerounaises se boufferaient entre elles) pour dire que sans lui, Paul Biya, à la tête de l’État, ce serait la guerre civile, notamment celle contre les bamiléké.

Rappelons bien que sans les bamiléké, en particulier les commerçants bamiléké essentiellement corrupteurs, le régime Biya ne se serait pas accroché au pouvoir depuis 36 ans.

Car, chaque Owona beti ou bulu a toujours son Fokou bamiléké pour faire fonctionner le régime corrompu, prévaricateur et terroriste de Paul Biya.

Si tel n’était pas le cas, qui sont ceux qui ont contribué le plus au dernier appel de Paul Biya à la collecte des fonds pour supposément aider les victimes anglophones de la guerre – des fonds qui se sont volatilisés -, si ce n’est les commerçants bamiléké?

Si tel n’était pas le cas, qu’est-ce qui a fait relâcher Patrice Nganang après son arrestation pour insultes à Paul Biya et appels au terrorisme, alors que Mancho Bibixy croupit dans la même prison de Kondengui pour avoir demandé de bonnes routes à Bamenda?

À chaque réélection de Paul Biya en 36 ans de pouvoir, il y’a toujours eu des Sindjoun Pokam, des Sanda Tomné et d’autres pour pleurer la victimisation des bamiléké, suivis en réponse par les Joseph Owona (efficacement remplacé aujourd’hui par son fils), Hubert Mono Ndjana et d’autres, pafin d’enflammer et alimenter un faux tribalisme opposant les bamiléké aux beti-bulu, et qui risquerait, disent-ils, de conduire le Cameroun à la guerre civile, n’eût été la présence de Paul Biya à la tête de l’État.

L’épouvantail de la guerre civile entre bamiléké et beti-bulu frise parfois le ridicule quand Sindjoun Pokam propose, en 2004, à l’opposition camerounaise comme meilleur candidat unique à l’élection présidentielle, Edouard Akame Mfoumou, contre son frère de Paul Biya.

Cette année encore, les secoueurs de l’épouvantail de guerre civile bamiléké-beti ne se sont pas encombrés de ridicule, en utilisant cette fois-ci Maurice Kamto comme l’instrument de la haine tribale, parce qu’il serait le plus grand opposant du Cameroun, alors même que les véritables opposants camerounais, les anglophones, sont entrain d’être massacrés.

Ces détourneurs de l’attention du public n’ont cependant aucune retenue.

Même quand Maurice Kamto dit clairement que lui, il protégera Paul Biya s’il est président, dit avoir même déjoué un coup d’État contre Paul Biya, et déclare qu’il n’a rien à voir avec les «brigades anti-sardinards» liguées contre Paul Biya et ses supporters, quand il n’est pas arrêté de retour d’Addis-Abeba où il est accueilli à Douala par des manifestations non autorisées, et quand il lance des appels à la désobéissance civile qui ne sont suivies par personne au Cameroun, les détourneurs de l’attention du public, les Sindjoun Pokam et Sanda Tomné de nos jours appelés Nganang et autres, battent dans tous les réseaux sociaux et les média camerounais le tam-tam de la victimisation de Kamto et des bamiléké, une victimisation des bamiléké que personne ne voit nulle part différente de cette des autres populations ethniques au Cameroun de Paul Biya.

C’est pourtant simple à comprendre: Paul Biya utilise ses agents pour enflammer les débat sur la victimisation des bamiléké parce qu’il sait que tout le monde peut aller au Cameroun et constater qu’il n’y a pas de tribu plus favorisée sous son régime que les bamiléké, dont il partage le gâteau national (faveurs imméritées de l’État) avec les commerçants et les «élites».

Avec le «problème bamiléké», les agents de Paul Biya, bamiléké, beti et bulu créent un problème là où il n’y en a pas, afin de présenter Paul Biya comme un innocent et un saint.

Et en le faisant, ils détournent l’attention des camerounais et du monde du véritable problème du Cameroun actuel, à savoir le problème anglophone devenu la guerre contre les anglophones.

Il n’a pas de lutte contre le régime de Paul Biya que la lutte de révolte populaire et / ou armée.  Je m’adresse en cela aux organisateurs de la conférence prochaine de Berlin, qui ont devancé ainsi le Sommet sur la Crise Anglophone préparé par le CCT, que j’ai annoncé pour fin janvier 2019.

Toute autre chose que la lutte par la révolte populaire et / ou armée, en particulier toute victimisation actuelle des bamiléké, n’est qu’une stratégie bien connue du régime dictatorial visant à présenter le sanguinaire Paul Biya comme un innocent et un saint.

 

Ndzana Seme, 27/12/2018.

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