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“LA FRANCE EST L’AMIE DU CAMEROUN” EN CE MOMENT PRECIS DE L’HISTOIRE

cam-marche-du-28-fevrier-2008-badauds-ambassadrice-FranceLe régime de Paul Biya s’est lancé dans une campagne antifrançaise éperdue. A écouter les instruments de ce régime, tels ses émissaires dans Afrique Media, on croit entendre le discours de Ndzana Seme depuis le début des années 1990 jusqu’à ce jour. Le Peuple camerounais demande cependant deux choses essentielles: (1) le départ de Paul Biya et de son régime du pouvoir, et (2) la fin de l’immixtion de la France dans les affaires intérieures du Cameroun, notamment dans le choix de ses dirigeants et leur soutien contre le Peuple. La réalité est celle-ci. Madame Christine Robichon, parce qu’elle doit mettre en pratique au Cameroun  les déclarations faites par François Hollande à Dakar, est une alliée sur qui le Peuple camerounais peut compter, et non pas une ennemie. Tout ce que le Peuple camerounais doit demander à cette brave dame, c’est que la France ne soutienne plus Paul Biya et son régime. Par contre, Paul Biya et son régime se sont radicalisés contre le Peuple camerounais et le Cameroun. Ils sont les seuls véritables et dangereux ennemis du Cameroun.

Par Ndzana Seme, 02/03/2015

Le Cameroun, c’est le Peuple camerounais, avant d’être tout autre bien matériel, au demeurant propriété souveraine Peuple. Ce principe n’est pas souvent clair dans les esprits, quand les gens parlent du “Cameroun”.

Jusqu’à une époque récente, le Peuple camerounais profond avait deux ennemis: le régime post et néocolonial de Yaoundé dirigé par Paul Biya, et la France. Cela était confirmé en février 2008 au regard des propriétaires des biens, que le peuple insurgé contre la modification constitutionnelle de Biya avait ciblés pour destruction.

Du “Changement” dont le Peuple camerounais a manifesté la soif depuis 1990 en répondant présent sous forme de marrées humaines indescriptibles aux meetings de l’opposition, en s’identifiant aux slogans “Power to the People” jusqu’à se sacrifier pendant six mois des “Villes Mortes”, au boycott des produits français, à l’insurrection populaire de février 2008 contre la modification constitutionnelle de Paul Biya, le Peuple camerounais demande deux choses essentielles: (1) le départ de Paul Biya et de son régime du pouvoir, et (2) la fin de l’immixtion de la France dans les affaires intérieures du Cameroun, notamment dans le choix de ses dirigeants et leur soutien contre le Peuple.

Ces neufs derniers mois, les lignes de position de ces deux ennemis du Cameroun ont beaucoup changé, et ont même divergé sur beaucoup d’aspects par rapport au Peuple camerounais. Pendant que Paul Biya et son régime ont radicalisé leurs positions en désignant le Peuple camerounais comme son ennemi premier, la France a multiplié les gestes pour se rapprocher du Peuple camerounais.

 

La guerre contre Boko Haram avant le 17 mai 2014

cam-paul-biya-et-otages-francaisBeaucoup ont vite oublié à quel point, malgré toutes les preuves présentées sur l’utilisation de l’extrême-nord comme base de Boko Haram pour terroriser les populations nigérianes et locale, Paul Biya les rejetait toutes systématiquement, refusait toute participation camerounaise à la lutte contre Boko Haram, qu’il présentait comme “une affaire intérieure nigériane”. Rappelons certains faits précis.

Extrême-Nord Cameroun, le 19 février 2013: Après le kidnapping de sept touristes français de la famille Moulin, le gouvernement français avait lancé des appels à ses ressortissants de quitter la zone de l’Extrême-Nord, en leur déconseillant tout projet de voyage dans cette zone classée « rouge » jusqu’à nouvel avis. Le ministre du Tourisme et des loisirs, Bello Bouba Maïgari, flanqué du ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary, tous originaires du nord Cameroun, avait avec fermeté déclaré: « Nous voulons dire le contraire de ce que les autorités françaises ont dit s’agissant de cette zone : elle n’est pas dangereuse ».

Le régime de Paul Biya soupçonné dans le kidnapping des otages français: Je cite le journal Le Septentrion du 19 janvier 2014: “La rapidité avec laquelle ces négociations ont abouti et surtout vu le gros moyens mis en jeu par le gouvernement camerounais pour la réussite de ces opérations, laissent aujourd’hui entrevoir une probable « complicité » de ces négociateurs dans la prise d’otage. Du moins si l’on s’en tient à l’avis des observateurs. « Il ya un flou qui entache cette histoire de prise d’otages dans la région de l’Extrême-Nord. Aussitôt capturés, aussitôt ces otages sont libérés ; si simple que ça. Et on nous apprend que ce sont des négociateurs camerounais, dont des hauts cadres de l’Etat, des autorités administratives, des chefs traditionnels et des opérateurs économiques originaires de la région qui ont piloté à succès ces deux opérations. Et on ajoute par la suite que des gros moyens ont été dégagés par le gouvernement camerounais pour la réussite de ces opérations. Il y a une forte probabilité que ces soi-disant négociateurs soient directement impliqués sans cette histoire. Ceci à mon avis pour deux raisons : soit pour faire chanter le chef de l’Etat soit pour s’enrichir. Qui sait ! Si ce ne sont pas de prises d’otages montées de toute pièces pour que le gouvernement débloque ces gros moyens au profit de ces individus tapis dans l’ombre », affirme une homme politique du Mayo-Sava”.

Paul Biya passif et tendre sur Boko Haram: Dans un article du 3 janvier 2013, Cameroonvoice écrivait ceci: “Votre journal révélait dans ses colonnes, il y a un an, que nos services de défense sont accusés par leurs pairs nigérians d’être « passifs et tendres vis à vis des membres de Boko Haram présents à l’Extrême-Nord»... Ce même motif diplomatique avait déjà incité à l’époque de notre reportage (5 janvier 2012) le pays de Goodluck Jonathan à fermer unilattéralement sa frontière avec le pays de Paul Biya, toujours accusé de servir de « base arrière » aux terroristes. Le dernier rapport 2011 de la Conac ne fait pas mystère du financement du terrorisme au Cameroun.”

RFI et l’Oeil du Sahel soupçonnent une “mafia locale” de Boko Haram: A propos des “deux prêtres italiens et la religieuse canadienne, ex-otages enlevés le 4 avril (2014)”, même RFI émettait des doutes sur les libérations d’otages de Paul Biya en ces termes: “Le gouvernement camerounais est resté très discret sur les conditions de cette libération, mais on sait que, depuis plusieurs semaines, les responsables camerounais menaient de longues tractations. Alors que la secte Boko Haram n’a pas revendiqué cette prise d’otages, certains analystes estiment que les missionnaires étaient détenus par des élements de la secte qui opèrent en solo, organisés en une sorte de mafia locale. C’est l’analyse de Guitaï Gatama, le directeur de publication de l’Oeil du Sahel, spécialisée dans l’actualité du nord du Cameroun.”

Le régime Biya a rejeté toute demande à lui faite de combattre Boko Haram: “Le gouvernement camerounais a tenu à le faire savoir mardi 4 mars 2014. Au cours d’un point de presse, le ministre de la Communication a indiqué que le Cameroun n’a jamais accepté et n’acceptera pas la notion de droit de poursuite sur son territoire. Répondant ainsi à Abuja qui accuse Yaoundé d’être complaisant vis-à-vis des combattants de la secte islamiste Boko Haram, qui sème la terreur en terre nigériane… Mais se rendant compte de la pédale douce pratiquée par Paul Biya, Goodluck Jonathan a voulu obtenir le droit de poursuivre ces hors-la-loi jusqu’en terre camerounaise. Depuis, sa demande est restée lettre morte. Même la visite du président de la République fédérale du Nigeria à Yaoundé, annoncée par plusieurs médias camerounais pour le 27 janvier 2014, n’a finalement pas eu lieu. A l’observation, les relations diplomatiques semblent désormais froides entre les deux pays… Pour enfoncer le clou, celui qui s’autoproclame porte-parole du gouvernement accuse le Nigeria de vouloir utiliser le Cameroun comme un bouc émissaire pour justifier ses difficultés intérieures.” (NegroNews 7 mars 2014)

Ainsi donc, Paul Biya et son régime refusaient de combattre Boko Haram et de sécurisant les frontières du Cameroun, refusaient le droit de poursuite réciproque que le Nigeria lui proposait, et se plaisaient dans leur rôle de financement de Boko Haram à travers les paiements de rançons sur les otages enlevés de manière douteuse, tout en abandonnant les populations de l’extrême-nord sous le règne terroriste de Boko Haram.

 

Après le 17 mai 2014, le régime Biya devient subitement champion de la lutte contre Boko Haram

Cam-Bello-Tchiroma-Enlevement-de-7-touristes-francaisIncapable de changer la position radicale de Paul Biya, celle du refus de combattre Boko Haram, le président nigérian fit pression sur le président français, pour qu’ensemble, avec d’autres leaders de la région, ils l’obligent à envoyer l’armée camerounaise sécuriser la frontière de l’extrême-nord. François Hollande réussit à forcer Paul Biya à engager l’armée camerounaise dans la lutte contre Boko Haram.

Depuis lors, le régime Biya, ayant changé le fusil d’épaule, est engagé dans une propagande essentiellement confuse, où le président camerounais assimile les nationalistes indépendantistes, pères de la nations camerounaise, et tous ceux qui manifestent le mécontentement contre son régime à des terroristes, au même titre que  ceux de Boko Haram.

Le régime cherche à capitaliser son envoi des troupes contre Boko Haram comme un instrument de ralliement des Camerounais derrière Paul Biya. Sous couvert des slogans de “soutien aux troupes”, Paul Biya est vanté comme un grand chef de guerre, un patriote, même comme il n’a jamais rendu visite aux troupes du front, ne s’est jamais incliné devant la dépouille des soldats tombés sur le champs d’honneur, n’a jamais rendu visite aux familles des victimes de Fotokol, n’a jamais visité les camps de réfugiés de l’extrême-nord, où des dizaines de milliers de citoyens y affrontent quotidiennement la famine et la vermine depuis plus d’un an. Le patriotisme d’un genre nouveau est né, celui du soutien aux troupes.

Pendant ce temps, le patriotisme cesse d’être l’amour du peuple, au moment ou les troupes sur le front, notamment les BIR épinglés dans le rapport 2014-2015 d’Amnesty International, opèrent des arrestations arbitraires, torturent les citoyens, et exécutent sommairement la plupart d’entre eux, des milliers d’autres étant jetés sans défense dans la prison de Maroua. Des dizaines de milliers d’autres sont déracinés de leurs villages, victimes de la terreur de Boko Haram, des gendarmes, policiers, BIR et leurs gangs locaux qui dépouillent les citoyens de leurs biens.

Ces ainsi qu’une armée camerounaise réduite à la défensive, incapable de poursuivre l’ennemi, puisque que son chef suprême ne veut pas entendre parler de droit de poursuite, subit essentiellement les attaques de Boko Haram et encaisse systématiquement des pertes d’hommes. Incapables de poursuivre l’ennemi pour éliminer la menace, les éléments de la BIR se retournent contre les citoyens camerounais de l’extrême-nord, qu’ils accusent arbitrairement d’informer Boko Haram. C’est ainsi que les camerounais se bouffent entre eux – du moins ceux qui portent les armes terrorisent ceux qui sont sans défense – dans un panier à crabes où Paul Biya les a jetés, sous prétexte de guerre contre Boko Haram.

 

François Hollande déclare son soutien au Peuple, contre Paul Biya

Cam-Hollande-Biya-Dakar-2014À la tribune, le 29 novembre 2014, devant les chefs d’État présents au Sommet de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) de Dakar, le président français François Hollande a appelé “au respect des ordres constitutionnels et des aspirations des peuples”. Voici la déclaration du président français qui a le plus ébranlé Paul Biya: “Là où les règles constitutionnelles sont malmenées (…) là où l’alternance est empêchée, j’affirme, ici, que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver un soutien dans l’espace francophone… le peuple burkinabè a fait une bonne démonstration… Ce qu’a fait le peuple burkinabè doit faire réfléchir ceux qui veulent se maintenir au pouvoir en violant l’ordre constitutionnel”.

En effet, du 25 au 29 févier 2008, Paul Biya avait envoyé la BIR et les gendarmes pour massacrer les manifestants qui contestaient son projet de modification de la constitution pour s’éterniser au pouvoir. Paul Biya avait imposé ce changement constitutionnel, s’en était servi rester au pouvoir en s’arrogeant illégalement un autre mandat en 2011, sur le cimetière de centaines de manifestants, et l’horreur de milliers d’autres blessés et jetés sans défense dans les prisons.

De retour de Dakar, Paul Biya avait aussitôt introduit à la hâte une loi dite antiterroriste, en réalité une loi anti-insurrectionnelle où il réserve à toute personne qui s’oppose à son régime par une manifestation populaire le même sort que l’armée réserve au terroriste de Boko Haram sur le front, le même sort horrible qu’il avait réservé aux manifestants de février 2008.

Paul Biya maintient ici qu’il ne fait pas de différence entre le terroriste de Boko Haram et le citoyen camerounais qui manifeste le rejet de son régime. Cette menace de mort, adressée aux citoyens camerounais, au Peuple camerounais, au Cameroun, survint parce que le Peuple Burkinabé venait de renverser son ami Blaise Compaoré le 30 octobre 2014, et François Hollande avait apporté son soutien au Peuple burkinabé.

 

La France se présente effectivement comme l’amie du Peuple camerounais
cam-Biya-Fabius-02-2015
A moins que François Hollande change sa déclaration officielle de soutenir les peuples insurrectionnels d’Afrique déterminés à renverser les tyrans qui s’accrochent au pouvoir par le biais des modifications constitutionnelles, ce qui est le cas précis de Paul Biya, ce président français a donné sa caution au Peuple camerounais.

Rien d’étonnant donc que le régime de Paul Biya, qui reste le véritable et plus dangereux ennemi du Peuple camerounais et du Cameroun, se lance aujourd’hui dans une campagne antifrançaise éperdue. A écouter les instruments de ce régime, tels ses émissaires dans Afrique Media, on croirait entendre le discours de Ndzana Seme depuis le début des années 1990 jusqu’à ce jour. Seulement, ceux qui tiennent ce discours sur la responsabilité de la France sur les malheurs du Cameroun sont ceux qui me répondaient que la France est l’amie du Cameroun, que Foccart ne valait plus rien, que le Cameroun est indépendant, qu’il n’y avait pas de preuves sur ce que j’avançais au sujet des réseaux Foccart aujourd’hui rebaptisés “françafrique”.

C’est ainsi que depuis un temps, la France est accusée par le régime Biya, à travers ses émissaires mandés dans tous les débats, de soutenir Boko Haram. L’ambassadrice de France au Cameroun, Mme Christine Robichon, en particulier est devenue la brosse à dents de ces hystériques et radicaux, au point où samedi dernier à Yaoundé, elle a été huée lors d’une “marche contre Boko Haram”, à laquelle le gouvernement camerounais l’avait invitée à participer.

Ceci nous rappelle le début des années 1990, où le même régime avait couvert l’ambassadrice des Etats-Unis au Cameroun, Madame Frances Cook, de toutes les injures possibles, tout simplement parce qu’elle ne cachait pas ses critiques contre le régime de Yaoundé, qui s’opposait alors à l’instauration d’une démocratie véritable, et qui pouvait effectivement sonné son glas. Frances Cook était ainsi accusée d'”ingérence dans les affaires intérieures du Cameroun”, et était remplacée par la Maison Blanche en décembre 1992, juste après la conservation du pouvoir par Paul Biya, grâce aux fraudes électorales, notamment les résultats fictifs de l’extrême-nord, une région pauvre et très enclavée que le SDF et l’opposition n’avaient pas les moyens de couvrir et contrôler.
Madame Christine Robichon, en ce moment précis de l’histoire du Cameroun, parce qu’elle mettra en pratique au Cameroun  les déclarations faites par François Hollande à Dakar, est une alliée sur qui le Peuple camerounais peut compter, et non pas une ennemie. Tout ce que le Peuple camerounais doit lui demander, c’est que la France ne soutienne plus Paul Biya et son régime. Par contre, Paul Biya et son régime se sont radicalisés contre le Peuple camerounais et le Cameroun. Ils sont les seuls véritables et dangereux ennemis du Cameroun.

03/02/2015

http://www.cameroon-info.net/stories/0,65431,@,cameroun-laurent-fabius-a-yaounde-la-france-est-l-amie-du-cameroun-video.html

1 Response to " “LA FRANCE EST L’AMIE DU CAMEROUN” EN CE MOMENT PRECIS DE L’HISTOIRE "

  1. Lionel says:

    alors si Hollande soutien le peuple camerounais, il doit cesser d’armer boko haram….

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