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Les fournisseurs africains dans la traite des Noirs

Dieu, ainsi que l’histoire, ne vous excuseront pas vos erreurs à cause de votre défense selon laquelle tout le monde les faisait. Il en est ainsi du manque de votre association des bourreaux actuels de nos populations, que sont les dictateurs africains fantoches au service unique de l’Occident, avec les anciens fournisseurs africains des esclaves noirs aux acheteurs occidentaux de la traite négrière. Il en est ainsi tout aussi du culte des ancêtres, qui est aussi le culte de nos ancêtres fournisseurs de leurs frères noirs comme marchandise aux étrangers contre fusils, pagnes, alcool, tabac, et d’autres articles ridicules, le culte de nos ancêtres qui ont eux mêmes possédé des esclaves chez eux, ont massacré des populations, ont tué, violé et volé, ont vécu dans la colère, la haine, la jalousie, la vengeance et les bas instincts.

Ndzana Seme

BALTIMORE 12/21/2012 – Certains Africains défendent de nos jours un patriotisme curieux: celui de nier des faits historiques dans leur tentative de construire une histoire africaine où leurs ancêtres sont tous des héros. Ils ignorent que rien de bon ne se construit sur le mensonge. Car, une fois la risée de leurs théorie sera assez connue, ils seront identifiés comme des ennemis de l’Afrique, qui continuent de nourrir les Africains d’illusions. L’une de leurs positions est le rejet souvent violent de tous faits historiques qui montrent que nos ancêtres africains, en particulier ceux des peuples côtiers et ceux des fleuves navigables, occupaient une place centrale dans la traite négrière en tant que fournisseurs des esclaves.

Mais ces faits incontestables ne pourront jamais être cachés assez longtemps, car les jeunes générations ont besoin de la vérité, de toute la vérité sur l’histoire de leur continent, afin de mieux construire un avenir meilleur. Ci-dessous, je reprends des extraits d’articles et des références importantes sur la connaissance de ce volet de l’histoire africaine que beaucoup, y compris les gouvernements en place, s’évertuent à cacher.

La leçon que nous pourrons en tirer est que les dictateurs actuels à la tête de nos Etats, connus comme des fantoches et serviteurs des intérêts de l’ancien colonisateur, ne sont que la continuation d’un business ignoble que certains Africains entretenaient depuis le 15ème siècle avec les esclavagistes occidentaux, en vendant leurs frères noirs comme des esclaves contre fusils, alcool, pagnes, sel et objets ridicules.

 

Le danger du culte des ancêtres

L’autre leçon en est que le retour au culte des ancêtres, que certains prônent sous des noms divers, comme “religion africaine”, Maat, afrocentrisme, kemitisme, etc., est extrêmement dangereux quand on lit ces faits historiques et on imagine la souillure spirituelle qu’ils ont apportée aux peuples d’Afrique noire. Spirituellement, on est en droit de se demander si Dieu n’a pas abandonné l’Afrique noire à cause de ses péchés graves comme celui de chasser, de tuer et de vendre au delà de l’atlantique les siens, ses propres frères et soeurs noirs, au nombre total d’environ 13 millions en quatre siècles, dans le systèmes esclavagiste les plus cruel que l’humanité ait jamais connu.

Le culte des ancêtres est une religion pratiquée en Orient, en Afrique et dans le cathlicisme, où les ancêtres sont honorés par des prières et des offrandes d’hommages, afin pour les vivants de pouvoir bénéficier de leur bienveillance, car de tels ancêtres sont perçus comme capables d’intercéder entre Dieu et les hommes. Une telle religion nous ferait ainsi adorer autant ces fournisseurs d’esclaves que les exploiteurs d’esclaves, les tueurs, les violeurs, les voleurs, les sorciers, les hors-la-loi par rapport aux traditions ancestrales, les malfaiteurs de tout genre qui sont parmi nos ancêtres. Ici se pose la question de savoir quelle société les adorateurs des ancêtres laisseraient à leur descendance autre que cette de la famine et de la vermine, de la corruption et de la prostitution, des dictatures les plus barbares, de la guerre et du banditisme, qu’est la société africaine actuelle?

(Image: marquage des esclaves au fer rouge)

Pour ma part, je ne souhaiterais pas que mes enfants et descendants suivent l’exemple de tels ancêtres en leur vouant un culte. Et comme je ne connais pas mes ancêtres au-delà de trois générations, je n’ai aucun intérêt à adorer aucun parmi mes ancêtres. Ceci afin de préserver ma descendance spirituellement pure et encombrée d’aucun fardeau de remboursement d’une quelconque dette ancestrale de péché, dont mes descendants ne seront même pas au courant mais souffriraient pourtant. Les faits historiques relatés ci-dessous permettront à chaque de revoir sa position sur le culte des ancêtres, dont le monde au pays des morts est souillé d’autant d’ancêtres maléfiques et porteurs de malédictions.

Chrétien, j’enseignerai à mes enfants et leur dirai qu’il est de leur devoir d’apprendre à mes descendants de ne jamais adorer nos ancêtres, y compris moi-même quand je serai mort. Car, Dieu a dit à maintes reprises que pour qu’Il nous accepte comme Ses fils, il faut que nous restions purs et que nous nous se séparions des pécheurs, y compris donc et surtout, nous séparer de nos ancêtres pécheurs:

2 Corinthiens 6:17 – “C’est pourquoi, Sortez du milieu d’eux, Et séparez-vous, dit le Seigneur; Ne touchez pas à ce qui est impur, Et je vous accueillerai”.

Apocalypse 18:4 – “Et j’entendis du ciel une autre voix qui disait: Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n’ayez point de part à ses fléaux”.

Isaïe 52:11 – “Partez, partez, sortez de là! Ne touchez rien d’impur! Sortez du milieu d’elle! Purifiez-vous, vous qui portez les vases de l’Eternel!”

Qu’est ce que Dieu entend par être pur? Voici comment Dieu définit la pureté qu’Il attend de nous:

Psaumes 119:9 – “Comment, quand on est jeune, avoir une vie pure? C’est en se conformant à ta parole“.

Comme dans Osée 8:5, Dieu rejettera tout ce que vous essayerez de faire ou Lui présentez si vous êtes impur, si vous vous rebellez à Lui en désobéissant à Sa Parole.

Dieu dit clairement “Qu’on ne trouve chez toi… personne qui interroge les morts” (Deutéronome 18:11). Le culte des ancêtre est catégoriquement interdit par Dieu. Il est classé dans la même catégorie des péchés graves de satanisme, que sont le sacrifice humain, le métier de devin, d’astrologue, d’augure, de magicien ou sorcellerie,  d’enchanteur, la consultation des voyants, marabouts et spiritistes.

Il arrive toujours que pour vous entraîner dans le culte désastreux des ancêtres on joue sur vos émotions, sur le mensonge selon lequel seuls ceux qui vous ont donné au monde vous aiment (alors que les pères ou mères sacrifient jusqu’aujourd’hui leurs enfants aux démons pour avoir l’argent et les pouvoirs), ou sur l’argument selon lequel dans votre clan tout le monde se soumet à ce culte et vous ne devez pas faire exception, souvenez-vous de cette Ecriture qui avertit tout fils de Dieu:

Exode 23:2 – “Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du grand nombre, pour violer la justice”.

Dieu, ainsi que l’histoire, ne vous excuseront pas vos erreurs à cause de votre défense selon laquelle vous les avez commises parce que tout le monde les faisait.

 

L’opposition des fournisseurs africains à l’abolition de l’esclavage obtenue et appliquée par l’Angleterre

Les fournisseurs africains des esclaves (leurs frères noirs, y compris de leurs propres tribus) s’opposèrent farouchement à la fin de l’esclavage. Voici le Constat confirmé par ces propos du roi de Bonny à son interlocuteur anglais :

« Nous pensons que cette traite doit continuer – c’est le verdict de notre oracle et de nos prêtres. Ils prétendent que votre pays, malgré sa puissance, ne peut arrêter un commerce prescrit par Dieu lui-même. »

{Source: « Lords Select Committee, 1843 », in H. Thomas, op. cit., p. 199.]

(Image: negociations entre acheteur et vendeur)

Obi Ossai, roi d’Abo (Nigeria) en 1841, tâchant de mettre en évidence les incohérences de l’attitude des Européens à l’égard du trafic négrier, il constatait :

« Jusqu’à présent nous pensions que c’était la volonté de Dieu que les Noirs soient les esclaves des Blancs. Les Blancs nous ont d’abord dit que nous devions leur vendre des esclaves. Si les Blancs renoncent à acheter, les Noirs renonceront à vendre. »

[Source: Elikia M’Bokolo, Afrique noire. Histoire et civilisations, t. ii, xixe-xxe siècle, Paris, Hatier-Aupelf, 1992. p. 114]

L’ancien esclave Ottobach Cuguano écrivait dans son livre autobiographique :

« Mais, je dois avouer, à la honte de mes propres compatriotes, qu’à l’origine, j’ai été enlevé et trahi par des hommes de ma couleur, et qu’ils ont été la cause première de mon exil et de mon esclavage ; mais sans acheteurs, il n’y aurait pas de vendeurs. »

[Lire: Ottobach Cuguano, La Véridique histoire d’Olaudah Equiano, Africain, esclave aux Caraïbes, homme libre par lui-même, publié en 1787, 1ère traduction française : 1987, Paris, Éditions Caribéennes]

Fonctionnement et pratique de l’esclavage du coté des fournisseurs africains :

[Extraits d’un texte de Marie Louise Diop-Maes] Le meilleur moyen de comprendre le trafic des esclaves est de suivre une victime jusqu’à son arrivée en Amérique, depuis l’endroit où elle a été réduite en esclavage en Afrique occidentale. Nous savons peu de choses là-dessus; toutefois, au milieu du siècle dernier, un missionnaire de Sierra Leone nommé Sigismund Koelle demanda à 177 anciens esclaves (dont 2 femmes seulement: on ne pourra donc en tenir compte ici) de raconter comment ils avaient été asservis. 34 % déclarèrent avoir été « capturés à la guerre », suite à des affrontements entre unités politiques ou à des razzias de grande ampleur – souvent les grands raids annuels que les cavaliers de la savane lançaient contre les peuples d’agriculteurs. Koelle ne mentionne pas le cas de personnes victimes de razzias organisées par leur propre souverain, chose courante dans le Kongo du XVIIème siècle ainsi que dans d’autres régions, mais 30 % de ses informateurs avaient été kidnappés, notamment chez les Igbo et autres peuples sans États de la forêt. Au XVIIIème siècle, les Igbo se rendaient aux champs armés, après avoir placé les enfants du village dans un enclos fermé à clé et gardé. Onze pour cent affirmaient par ailleurs avoir été réduits en esclavage à l’issue d’une condamnation en justice, généralement sur des accusations d’adultère, ce qui laisse penser que les aînés se servaient de la loi pour se débarrasser de concurrents plus jeunes. Dans les années 1730, le sagace négrier Francis Moore écrivait à propos de la Gambie: « Depuis que le commerce d’esclaves existe, tous les châtiments ont été changés en esclavage; il y a un avantage à de telles condamnations, elles frappent lourdement le crime, afin de garantir le bénéfice de la vente du condamné ». Deux hommes dirent à Koelle qu’ils avaient été réduits en esclavage parce que des membres de leur parenté avaient été condamnés pour sorcellerie. Les faibles étaient tout particulièrement vulnérables. Près de 30 % des informateurs de Koelle avaient déjà été esclaves d’Africains ; les trafiquants européens les préféraient, parce qu’ils étaient censés être plus résistants et moins portés à s’enfuir. Orphelins, veuves, parents pauvres, oisifs, incapables et faibles d’esprit avaient tous des chances de finir esclaves, comme ceux qui défiaient les puissants. Un homme « fut vendu par un chef de guerre, parce qu’il refusait de lui céder sa femme ». Sept pour cent avaient été vendus pour payer des dettes, généralement celles de la farnille (non les leurs). Aucun informateur de Koelle ne déclara s’être délibérément vendu pendant une famine, mais la chose était répandue, car ces périodes correspondent aux pics d’exportations d’esclaves: un navire repartit avec un plein chargement, simplement parce qu’il avait été promis de la nourriture.
L’esclave était donc capturé, kidnappé, condamné, privé de liberté. Un principe fondamental du trafic entrait alors en ligne de compte:

http://afriquepluriel.ruwenzori.net/esclavag4.htm

(Source : Louise Marie Diop-Maes
Afrique Noire : Démographie, Sol et Histoire)

[Extraits d’un texte du Professeur Tidiane Diakite “La traite des Noirs et ses acteurs africains du XVème au XIXème siècle” http://www.reseau-terra.eu/article865.html}

Quand ces acheteurs européens cessèrent enfin d’acheter, les vendeurs cessèrent-ils pour autant de vendre ?

(Image: un esclave/prisonier en Afrique traditionnelle)

D’une manière générale, l’accueil réservé par les rois côtiers, et les trafiquants esclavagistes autochtones, aux mesures d’interdiction de la traite fut à la mesure des résistances opposées de l’autre côté de l’Atlantique à l’abolition de ce commerce. Pour ces Africains, les raisons de leur résistance étaient différentes de celles qui s’exprimaient en Europe, aux États-Unis, à Cuba ou au Brésil, car en Afrique des royaumes étaient nés ou s’étaient développés sur la base de la traite des esclaves qui constituait leurs seuls fondements : Royaumes du Dahomey, royaume d’Oyo, du Bénin, confédération Ashantis, etc.

Ce fut d’abord la perplexité pour nombre de souverains africains impliqués dans la traite, tel Obi Ossai, roi d’Abo (Nigeria) en 1841, tâchant de mettre en évidence les incohérences de l’attitude des Européens à l’égard du trafic négrier, il constatait :

« Jusqu’à présent nous pensions que c’était la volonté de Dieu que les Noirs soient les esclaves des Blancs. Les Blancs nous ont d’abord dit que nous devions leur vendre des esclaves. Si les Blancs renoncent à acheter, les Noirs renonceront à vendre. »

Si certains rois africains acceptèrent de signer avec la Grande-Bretagne des contrats prohibant le commerce d’esclaves, moyennant finance et mise en place de nouvelles activités économiques, d’autres en revanche restèrent sourds à toute proposition amiable. Pour ceux-là, les Anglais durent employer la force. De fait, il fallut livrer en Afrique une nouvelle bataille, non plus pour se procurer des esclaves via les intermédiaires africains, mais contre les trafiquants autochtones hier fournisseurs d’esclaves des négriers européens. Cette bataille ne fut pas des plus aisées car quatre siècles et demi de traite esclavagiste avaient marqué les lieux et les esprits, conditionné les existences tant et si bien qu’ils ne pouvaient être effacés du jour au lendemain, à la faveur d’une loi votée en Europe. Comme certains trafiquants européens, des souverains africains et nombre d’auxiliaires et d’agents attitrés restèrent sourds au cri de la conscience humaine.

À l’inverse de la volonté proclamée du roi nigérian Obi Ossai de se conformer aux lois abolitionnistes des Européens, les chefs africains coutumiers de ce trafic furent, dans leur immense majorité, ahuris devant ces mesures d’abolition de la traite. Ils se montrèrent imperméables à la dimension morale de l’argumentation abolitionniste, allant jusqu’à refuser les propositions de compensation financière de la part de la Grande-Bretagne. Les Anglais avaient déjà pu vérifier, bien avant l’abolition officielle de la traite en 1807, la crispation des chefs africains sur ce qu’ils considéraient comme une absolue nécessité pour eux. Ce dialogue entre un capitaine anglais et le roi de Bonny (Nigeria) en est l’illustration :

« Le capitaine Crow rapporte une conversation intéressante qu’il eut à ce propos [la traite] avec son ami Pepple, le roi de Bonny. De ces marécages pleins de palétuviers, le roi de Bonny suivait avec incrédulité et effarement la campagne lointaine de William Wilberforce en Grande-Bretagne contre l’esclavage et la traite des Noirs. Adroitement, Pepple demanda à Crow de bien vouloir décrire ce qu’étaient les guerres en Europe. Crow évoqua les dizaines de milliers d’hommes qui tombaient en une seule journée sur un champ de bataille, sans compter les innombrables blessés. Le roi Pepple prit alors la parole et bien que ce fût en petit nègre, nous entendons ici la voix authentique de l’Afrique jugeant le ‘‘grand homme’’ Wilberforce et son action au Parlement britannique : ‘‘Pourquoi donc Crow, votre grand homme et votre grande maison de palabres (le Parlement) font tout ce bruit au sujet de notre pays et de notre commerce ? Nous ne tuons pas autant d’hommes que vous et nous supposons que nous sommes noirs et ne savons pas lire des livres, parce que Dieu Tout Puissant nous a faits ainsi. Nous croyons que Dieu nous a faits tous, et a fait que l’homme blanc sait lire dans les livres. Mais votre pays veut gouverner tous les pays et arrêter maintenant notre commerce et gouverner Dieu Tout Puissant.’’ Ce qui signifiait pour ce roi africain ‘‘qu’il était préférable de vendre des êtres humains que d’en mener des dizaines de milliers à l’abattoir’’. Pourquoi le peuple anglais faisait-il tant d’histoire au sujet de la traite des nègres et si peu au sujet des morts d’Austerlitz ? »

Pierre Verger rapporte la teneur de ce message, adressé par le ministre des Affaires étrangères britannique Palmerston au roi Ghezo du Dahomey le 11 octobre 1850, qui illustre la difficulté de faire entendre raison à certains chefs africains à propos de la traite esclavagiste :

« Au sujet du commerce des esclaves, le gouvernement britannique est très déçu par votre réponse, car il espérait que vous accepteriez ses très honorables demandes, accompagnées de la belle offre d’une compensation pour toute perte momentanée que vous pourriez subir en renonçant au commerce des esclaves. Mais, comme vous avez refusé ce que la Grande-Bretagne vous a demandé de faire, celle-ci sera obligée d’atteindre son but par ses propres moyens et comme elle est certaine de réussir en toutes choses qu’elle est déterminée à entreprendre, le résultat sera que le commerce des esclaves sera supprimé au Dahomey par les croiseurs britanniques et ainsi vous subirez une perte temporaire sans recevoir de compensation. »

Et, quand le roi montrait quelque disposition à l’égard de l’interdiction et à l’arrêt définitif de la traite, la force de l’habitude, l’attrait des produits européens et d’une certaine facilité de vie, la fascination exercée sur les dignitaires et chefs locaux par tout ce qui était importé d’Europe, ainsi que les intérêts des négriers, finissaient par l’emporter. Tel avait été le cas, parmi d’autres, du roi Alfonso Ier du Congo. Ce roi, « […] choqué du peu de considération manifesté aux siens et déçu de constater que les principes moraux introduits par la religion européenne ne semblaient pas s’appliquer aux Africains, s’opposa à tout commerce d’esclaves sur son territoire. Il s’attira alors la haine des négriers blancs qui tenteront même de le faire assassiner en pleine messe en 1540. »

(Image ci-dessus: Une tradition d’esclavage des noirs remontant a l’Egypte antique)

Que pouvait ce roi, seul face à ce qui était devenu une coutume, un mode de vie, face aux intérêts en jeu et en butte à la volonté affirmée des dignitaires de son royaume de continuer à tirer profit d’un commerce qui imprégnait tant leur quotidien ?

« Relativement disciplinés jusqu’alors, les princes, ducs, marquis et comtes locaux, férus de biens de consommation européens, vont allègrement battre en brèche l’ordonnance royale en se lançant à leur tout dans la chasse aux esclaves […]. S’ils voulaient se procurer les fantaisies importées dont ils raffolaient, ils n’avaient guère le choix. »

Ce conditionnement était encore plus marqué au XIXe siècle et caractérisait en tout premier lieu les souverains et chefs locaux de royaumes nés et structurés par le trafic d’esclaves avec les Européens. Ainsi cet homme d’affaires britannique ayant séjourné sur la côte de Guinée au début de ce siècle, au lendemain du vote de la loi d’abolition de la traite en Angleterre, constatait :

« La traite a toujours été populaire et le reste en Afrique […]. Je crois que chaque indigène africain se livrerait à la traite s’il le pouvait. »

Constat confirmé par ces propos du roi de Bonny à son interlocuteur anglais :

« Nous pensons que cette traite doit continuer – c’est le verdict de notre oracle et de nos prêtres. Ils prétendent que votre pays, malgré sa puissance, ne peut arrêter un commerce prescrit par Dieu lui-même. »

En 1810, le roi du Dahomey dépêcha une ambassade au vice-roi du Brésil, pour « rassurer ses clients » sur sa volonté de continuer la traite. Pour lui, rien ne pouvait justifier l’arrêt de ce trafic si ancien et si florissant entre les deux pays.

Face à cette réalité et à tant de détermination des rois négriers africains à poursuivre un trafic devenu leur activité principale, et dont ils tiraient l’essentiel de leurs ressources ainsi que le fondement de leur pouvoir, l’Angleterre dut user de moyens et de méthodes appropriés : l’usage de la force militaire lorsqu’elle s’imposait et celui de la diplomatie auprès des souverains africains.

En 1817, Radama, roi de Madagascar, signa un traité avec le gouvernement anglais qui le gratifiait d’une allocation annuelle de « 10 000 dollars durant trois ans » contre son engagement à renoncer à la vente d’esclaves aux trafiquants européens. [41]

De même en 1842 :

« Eyo et Eyamba, chefs de deux principales villes d’Old Calabar, signèrent un accord abolissant la traite moyennant une gratification de 2 000 livres sterling pendant cinq ans, un autre traité fut signé à Bimbia [au Cameroun], qui prévoyait une indemnité de 1 200 livres seulement l’an. »

Cependant le virus de la traite avait si profondément affecté le corps social africain sur la côte que les dollars et les livres sterling ne pouvaient facilement éradiquer le mal. Le roi Ghézo le confessait en 1840 :

  • « La traite a constitué le principe directeur de mon peuple. C’est la source de sa gloire et de sa richesse. Ses chants célèbrent nos victoires et la mère endort son enfant avec des accents de triomphe en parlant de l’ennemi réduit en esclavage. Puis-je, en signant […] un traité, changer les sentiments de tout un peuple ? » [44]

En conséquence, Ghézo « se déclara prêt à faire tout ce que le gouvernement britannique lui demanderait, sauf renoncer à la traite, car tous les autres commerces de substitution lui semblaient sans objet. »

Ce roi, visiblement importuné par l’insistance des Anglais pour l’amener à cesser son trafic proposa, pour avoir la paix, « […] d’offrir en retour deux jeunes esclaves pour laver le linge de la reine Victoria. »

Le malentendu entre les Britanniques et le roi du Dahomey demeurait entier, même si ce dernier se convertit par la suite au « commerce légitime », celui de l’huile de palme. Cette résistance de certains souverains africains à l’abolition de la traite s’était manifestée très tôt, et bien avant le vote britannique de 1807.

Le roi lui retourna l’argument si souvent évoqué par les acteurs africains de la traite au XIXe siècle : « Si des Blancs quittent leur pays pour venir jusqu’ici acheter des esclaves, pourquoi m’empêcherai-je de leur en vendre ? » [48] À quoi l’envoyé britannique répondit en lui demandant « quel serait son prix si on devait le vendre comme esclave ». Glé-Glé répondit :

« Aucune somme ne m’achètera […]. Je ne suis pas comme les rois de Lagos et du Bénin. Il n’y a que deux rois en Afrique, Achanti et Dahomey : je suis le roide tous les Noirs. Rien ne compensera pour moi [la perte de la traite]. Il n’en démordit point, et précisa : “Si je ne puis vendre les prisonniers de guerre, je dois les tuer, et ce n’est certainement pas la volonté des Anglais”. »

En Afrique, toutes les résistances à l’abolition de la traite ne furent pas motivées par l’appât du profit mais parfois plutôt par la peur des représailles de la part de ceux dont les proches furent victimes des agissements et de la cupidité des trafiquants comme le laisse penser ce témoignage :

  • « Nous avons tant envie de vos marchandises merveilleuses et de votre eau-de-vie qu’un frère ne peut avoir confiance en son frère, un ami en son ami, et à peine un père en son fils.
  • Quand nous étions jeunes, plusieurs milliers de familles habitaient ici et là, au bord de la mer, et maintenant on peut à peine compter 100 individus. Nous avons besoin de vous, les Blancs. Car les Nègres de l’intérieur ne nous laisseront pas vivre 6 mois après votre départ. Ils viendront tous nous tuer, avec nos femmes et nos enfants. Ils nous vouent tant de haine parce que nous avons participé à la traite. » [51]

 

Quels avantages les uns et les autres ont-ils pu tirer de leurs crimes ?

Pruneau de Pommegorge, noble français parcourant les côtes africaines en 1789, constate les effets de la traite sur l’état des peuples de ces régions :

  • « Nos crimes ont transformé ces peuples en bêtes féroces. Ils ne se font la guerre entre eux et se détruisent que pour vendre leurs compatriotes à des barbares. Les rois eux-mêmes ne voient plus leurs sujets que comme des marchandises qui peuvent leur permettre d’acheter tout ce qu’ils désirent par caprice. » [69]

Autre livre a lire:

Tradition orales liées a la traite négrière et a l’esclavage en Afrique centrale

http://unesdoc.unesco.org/images/0013/001324/132459f.pdf

1 Response to " Les fournisseurs africains dans la traite des Noirs "

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