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  CAMEROUN
« Paul Biya a choisi lui-même la corde de sa pendaison »
(Extraits choisis)
« Paul Biya entend s’éterniser au pouvoir… Paul Biya a déclaré ainsi la guerre à tous les patriotes camerounais… Les faibles, fourbes, peureux et paresseux sont une malédiction s’il leur arrive de diriger un pays ». Biya en est un.
« Feymania comme braquage, ce sont des excroissances de la corruption répandue au Cameroun par Paul Biya. »
« Notez bien que jusqu’à ce jour, Paul Biya ne s'est pas déplacé à Bakassi ou Douala pour rendre hommage aux soldats assassinés à Bakassi. »
« Quand Paul Biya retire une enquête des mains de ceux qui l’ont initiée, le but qu’il recherche est d’éloigner les enquêteurs qui sont sur de bonnes pistes, de façon que les nouveaux enquêteurs à sa solde puissent aisément classer le dossier. »
« Effectivement des officiers ont été mis sur écoute téléphonique et sous surveillance par les services des renseignements militaires et policiers… Beaucoup d’autres officiers et soldats sont arrêtés et arbitrairement détenus sans savoir pourquoi. »
« Paul Biya avait tout simplement demandé qu’on enterre le dossier Messi Messi, qui demeure son complice de vol. »
« Seuls des femmes et hommes nouveaux peuvent mettre fin à la corruption au Cameroun… (Il faut qu’ils) mettent en place un gouvernement de transition, qui aura pour but d'édifier un État de droit, une démocratie fondée sur les savoirs du terroir. »
« je peux vous assurer que des groupes de Camerounais sont capables de redresser le Cameroun et de le sortir de son état de pauvreté actuelle en l’espace de deux ans seulement. »


Ndzana Seme : « Paul Biya a choisi lui-même la corde de sa pendaison »
Ancien cadre à la SCB, homme de médias, Ndzana Seme, fondateur du site africanindependent.com, a à plusieurs reprises défrayé la chronique. Ndzana Seme, qui vit depuis quelques années aux Etats-Unis, a accepté avec toute la franchise et le style que l'on lui connaît, de répondre aux questions de icicemac.com. Selon Ndzana Seme, « Paul Biya ne peut pas combattre la corruption qu’il a lui-même installée au Cameroun ». En outre « Paul Biya et Remy Ze Meka sont à la base du massacre de nos soldats à Bakassi ». Parlant du projet de l’exploitation de la bauxite : « Paul Biya avait le plan de devenir le propriétaire des réserves de bauxite du Cameroun ». 

ENTREVUE AVEC NDZANA SEME

Par  M. Mba Talla,  ICICEMAC.COM 09 Janvier  2008
(Version revue et corrigée)




M. Mba Talla -Dans son discours à la nation du 31 décembre 2007, le président Biya a mis définitivement fin aux spéculations quant à la modification de la constitution, en particulier celle du paragraphe 2 de l’article 6. Peut-on dire à la lumière de sa déclaration que son  principal souci est de durer ? Que veut au juste Paul Biya?

Ndzana Seme - En modifiant cet article qui l’empêche de briguer un autre mandat de sept ans, faisant ainsi de la constitution camerounaise un contrat social qui autorise le pouvoir à vie, Paul Biya entend s’éterniser au pouvoir. N’oublions pas que Paul Biya est faible et fourbe, comme l’avait si bien décrit celui qui le connaissait le mieux, à savoir son ancien patron Ahmadou Ahidjo. J’ajoute que c’est aussi un peureux et un paresseux. Peureux quand on se souvient que transi de peur dans son bunker que pilonnait l’artillerie de Guérandi le 6 avril 1984, il avait contacté par téléphone les officiers qui préparaient la contre offensive pour leur dire qu’il veut se livrer, me confia un jour l’un de ceux-ci. Il a fallu que les officiers le grondent pour qu’il reste terré avec sa famille. Il est tellement paresseux que les Camerounais l’avaient surnommé le prince vacancier.
Les faibles, fourbes, peureux et paresseux sont une malédiction s’il leur arrive de diriger un pays, car ils ont la particularité de se montrer particulièrement incapables de vertu, incapables  de faire preuve de grandeur d’esprit. Bon uniquement dans l’art du mensonge et de la tromperie, Paul Biya s’est montré particulièrement paresseux, un leader du type laisser-faire qui n’a aucun souci si le pays est en flamme ou non, un dirigeant qui répond aux dénonciations de scandales par le silence total, un président dont les gouvernements sont autant des cours du roi Pétaud. Quand une situation est compliquée, il préfère se terrer dans le silence et l’inaction, qu’il a transformés en méthode de gouvernement, ce qui a débouché au règne de l’impunité pendant son régime.
Parce qu’il est lui-même un détourneur des fonds publics notoire, sa caisse de prédilection étant la société nationale des hydrocarbures après que ses premières tentatives de puiser dans les caisses des banques aient échoué avec les indiscrétions de Robert Messi Messi, Biya est incapable de sanctionner les détourneurs des fonds publics, en dehors de certains règlements de comptes individuels.
Progressivement, sur les conseils de Paris il avait compris qu’il peut utiliser le décret de nomination comme un moyen de corruption et de soumission de qui il veut. En laissant comprendre que le poste est une récompense qui dépend de son bon vouloir, il ne nomme plus aux fonctions de l’État que les plus zélés parmi ses flatteurs. C’est ainsi qu’il a installé dans l’esprit des Camerounais la logique selon laquelle la réussite n’est pas la résultante du mérite personnel, mais plutôt celle du mépris du bien ou service public, qu’il faut alors vendre illicitement et impunément aux usagers et à quiconque en sollicite. C’est ainsi que la corruption s’est ancrée dans notre société. Cette religion de la corruption et de la cupidité a pris des formes de plus en plus perverses et de plus en plus violentes, avec le culte de la feymania et du gangstérisme « du braquage ».
Imaginez donc qu’après avoir installé une telle société de corruption, de détournements, de gangstérisme et par conséquent de pauvreté, Biya dise qu’il quitte le pouvoir. En quel successeur voulez-vous qu’il fasse confiance dans le sens que celui-ci ne le poursuivrait pas en justice pour ses détournements à la SNH et d’autres malversations, n’ouvrirait pas des enquêtes sur sa fortune immense, ne le rendrait pas co-responsable des actes de détournements commis par ses protégés, etc.? Je peux vous assurer qu’aucun faible, fourbe, peureux et paresseux ne peut se risquer de quitter le pouvoir, c’est-à-dire de laisser que le poste de chef suprême des forces armées qui le protègent, tombe entre les mains de quelqu’un d’autre. Le seul choix qui reste à un tel individu est donc de s’accrocher au pouvoir jusqu’à ses derniers jours, afin de continuer à bénéficier de l’impunité que lui garantit un tel pouvoir.


Une telle démarche n’est t-elle pas une provocation de trop?

Bien sûr que cela peut et doit être regardé comme une provocation de trop par tout patriote camerounais. Aucune personne qui aime le Cameroun, ou tout au moins qui aime une communauté ou une localité du Cameroun, ne peut accepter que celui qui a fait la démonstration la plus patente de l’adage qui dit que le poisson pourrit par la tête, en pourrissant effectivement l’État et progressivement toute la société camerounaise, dise aujourd’hui qu’il va s’éterniser au pouvoir. Un tel démon déclare effectivement la guerre à tous ceux qui entendent mettre fin au chaos économique, social et politique qui maintient notre pays dans la pauvreté et la vermine. Paul Biya a déclaré ainsi la guerre à tous les patriotes camerounais. Il est un démon et doit subir le châtiment que mérite tout démon. Paul Biya a choisi lui-même la corde de sa pendaison.

Dans son discours du 31 décembre, on a eu l’impression une fois de plus dans les tournures  de style telles "nous avons avancé", "des progrès ont été réalisé", "nos efforts ont été poursuivi", et sans aucune statistique et chiffres, que le président Biya ne sait pas trop de quoi il parle. Est- ce votre avis? Du moins comment jugez-vous ce  discours dans son ensemble?

Il est inutile de perdre le temps à analyser une communication dans laquelle l’auteur n’entend rien communiquer. Relisez les discours des chefs d'état africains dans leurs formulations de vœux de nouvel an. Ils citent systématiquement des statistiques, même quand cela n'est pas formidable. Tout menteur a horreur des précisions dans son langage. Le menteur utilisera toujours des formules vagues qui ont l’avantage de lui donner des échappatoires, des portes de sortie qui lui permettent de se défendre le moment venu qu’il n’a pas dit ceci ou cela. Devant des faits graves qui demandent la décision du chef, vous avez vu qu’en plus de vingt ans de pouvoir, sa solution classique devant tout problème grave est d’ouvrir une enquête ou alors de créer une commission. Ouvrir une enquête et créer une commission sont les formules républicaines classiques pour se débarrasser d’un problème et de ne rien faire par la suite. Car ouvrir une enquête aide le dirigeant à enterrer un  problème, afin que le public finisse par l’oublier. C’est le cas avec le dernier massacre de nos soldats à Bakassi, nos fils et frères sauvagement assassinés, que le démon au pouvoir veut tout simplement jeter dans les oubliettes. Notez bien que jusqu’à ce jour, Paul Biya ne s'est pas déplacé à Bakassi ou Douala pour rendre hommage aux soldats assassinés à Bakassi.

Depuis quelques  semaines  à Yaoundé on fait allusion, sans trop expliquer, à des rumeurs  de bruits de bottes. De nombreuses personnes, pour la plupart militaires, ont été incarcérées ? Que vous inspire cette affaire de  coup d’État dont on ne sait pas grand chose?

Effectivement des officiers ont été mis sur écoute téléphonique et sous surveillance par les services des renseignements militaires et policiers. La liste des officiers mis sur écoute se trouve à la fin de cette interview. Gnowa Luc, le directeur de l'alliance biblique du Cameroun a été relâché le 23 décembre 2007. Mais en même temps le colonel Yonkamla, qui était jusque là à la retraite à Garoua,  a été arrêté et se trouve détenu et sous la torture à la sécurité militaire de Yaoundé depuis le 29 décembre. Beaucoup d’autres officiers et soldats sont arrêtés et arbitrairement détenus sans savoir pourquoi.
Le pouvoir Biya sait qu’il y a un mécontentement profond au sein  de l’armée camerounaise. La plupart des officiers et soldats de l’armée camerounaise désapprouvent profondément les politiques de corruption et d’impunité du régime Biya, qui cherche depuis un temps à intimider de tels patriotes au sein de l’armée en les menaçant de procès d’atteinte à la sécurité de l’État, le plus grand crime du pays.  Paul Biya sait bien que sa décision de briguer un nouveau mandat sera négativement accueillie par le public international et par les Camerounais, y compris les militaires camerounais. Mais il n’a pas d’autre choix que la solution de s’éterniser au pouvoir.
Après avoir vanté le Cameroun comme un îlot de paix durant son règne, il cherche maintenant à démontrer que la « stabilité » est menacée par des coups d’État en préparation, de façon à imposer la peur au sein des populations et à trouver pour argument qu’il faut qu’il conserve le pouvoir pour protéger le Cameroun. Cela lui permettra également de déclencher l’intervention des forces françaises dans le cadre des accords de défense. Car, si jamais les patriotes camerounais répondent à sa provocation par un soulèvement populaire et armé, ce qui est tant souhaité dans les chuchotements de chacun, il ne compte plus que sur une telle intervention extérieure pour garder le pouvoir.

Selon-vous, qu’est ce qui ou qui sont ceux qui se cachent  derrière la mort des 21 soldats camerounais à Bakassi?

Paul Biya, Ze Meka et leurs complices militaires exécuteurs, ont sauvagement assassiné nos fils et frères qui croyaient défendre patriotiquement notre pays. Ils ont commis un tel massacre pour effacer les traces d’un trafic de vente d’armes aux gangs armés nigérians qui kidnappent régulièrement le personnel des compagnies pétrolières contre les rançons, terrorisent les populations dans la région du Delta du Niger et ont fini par établir un no man’s land dans cette région nigériane. Nos vaillants soldats tués, mais également les rescapés qui sont aujourd’hui en danger de mort, avaient été des témoins de l’ignoble trafic des armes de guerre et des munitions. La mafia de Biya devait tout simplement les éliminer. Vous voyez bien que le commandant de l’Opération Delta de Bakassi et de la Base Navale de Douala, Oyono Mveng qui était à la tête de l’opération du massacre et aurait été dévisagé par les témoins, est tout simplement depuis lors libre de ses mouvements. Il sera tout simplement relâché et les enquêtes n’aboutiront à rien. Pourquoi?
La France, jalouse de la position dominante des Américains dans l’exploitation pétrolière dans le Golfe de Guinée, est entrain d’encourager un terrorisme dans la zone du Delta du Niger. Son meilleur allié pour ce faire est Paul Biya. La personne de Paul Biya qui centralise et coordonne ces opérations de déstabilisation des pays voisins est le chef d’état major des armées, le général René Meka. C’est lui l’autorité qui travaille avec la coopération militaire française. Il se trouve aussi être l’oncle du ministre de la défense Rémy Ze Meka. Il serait donc étonnant que Oyono Mveng soit inquiété dans cette affaire, lui qui a agi dans cette opération d’élimination des témoins encombrants dans le cadre d’une opération commandée par ses deux supérieurs de la famille Meka, et par Paul Biya lui-même.
Paul Biya n’est pas à son premier coup en la matière. Le 17 juillet 2007, je publiais l’information selon laquelle Paul Biya assure les bases arrière en hébergeant les rebelles centrafricains et tchadiens qui déstabilisent ces deux pays voisins. Leur refuge de prédilection est le royaume traditionnel du Rey Bouba, dont le Lamido est non seulement un membre de gouvernement secrétaire d’État, mais surtout un supporter aveugle de Biya. Le fait que Paul Biya avait envoyé son conseiller israélien Abraham Ivon ainsi que le lamido de Rey Bouba pour rassurer les opposants armés centrafricains de son parrainage et de sa protection après une tuerie de certains des leurs au Rey Bouba, est la preuve que Biya dirige lui-même les opérations de déstabilisation de nos États voisins, en plus des actions menés par ses complices de la famille Meka.
Il se passe maintenant que René Kontelizo, le commandant du port autonome de Douala vient d’être arrêté dans le cadre d’une enquête l’impliquant dans le trafic d’approvisionnement en armes des rebellions de Centrafrique, du Tchad et du Soudan. Une confirmation de plus de cette information. Vous verrez également que pour ce dernier cas, Biya retirera l’enquête des mains de la PJ de Douala, comme il l’a fait avec l’enquête du faux coup d’État de Ze Meka. Quand Paul Biya retire une enquête des mains de ceux qui l’ont initiée, le but qu’il recherche est d’éloigner les enquêteurs qui sont sur de bonnes pistes, de façon que les nouveaux enquêteurs à sa solde puissent aisément classer le dossier.

Quelles sont les autorités  qui sont à la base  de ces  manœuvres et  pourquoi ? A qui profitent les arrestations ?

Paul Biya et Remy Ze Meka sont à la base du massacre de nos soldats à Bakassi. Ils ont installé un réseau d’approvisionnement des gangs armés qui font la loi dans la zone pétrolifère nigériane. Paul Biya en escompte une déstabilisation permanente de son voisin le Nigeria. Et comme toujours, un tel plan de déstabilisation du Nigeria à travers l’armement des bandes de terroristes se fait sous la supervision de la France, un pays fondamentalement jaloux de la présence pétrolière américaine dans le golfe de Guinée.

Pourquoi, malgré le fait que le ministre Ze Meka soit incapable d’apporter la moindre preuve de ses accusations, des Camerounais  restent-ils toujours détenues et incarcérés dans les cellules de la Sécurité militaire et du Secrétariat d’État à la défense ? Qu’est ce qui explique que l’enquête sur  le  vrai-faux coup d’État ait été retirée des mains du ministre Ze Meka ?

Le dossier brûlait les doigts de Ze Meka, qui s’est montré particulièrement incapable de monter un dossier cohérent de coup d’État. En l’enlevant de ses mains et en le confiant à d’autres personnes, c’est la voie la plus indiquée pour l’enterrement d’un tel dossier, y compris aussi l’enterrement même de l’enquête sur la massacre de Bakassi. Les détenus sont donc gardés pour rien, dans l’attente de l’on ne sait quoi.

Si les derniers décrets présidentiels enragent des officiers de l’armée, et vous allez jusqu’à qualifier   ces nominations  du président Biya et du ministre de la défense Ze Meka à la tête de l’armée camerounaise de mouvement tribaliste, sur quoi basez-vous votre affirmation?   L’armée camerounaise est-elle devenue un  nid de contrebandiers ou une boîte à intrigue ?

L’armée camerounaise n’est pas composée que de pourris corrompus, qui ne sont d’ailleurs qu’un groupe minoritaire. L’armée camerounaise comporte surtout des patriotes. Il faut tout simplement relire les dernières nominations et vous ne verrez que des noms Beti et Bulu sur les postes du haut commandement. Quand on sait que la chaîne de commandement est une règle d’or dans toute armée, vous constaterez bien qu’au Cameroun, l’armée que tout le monde finance par ses impôts se trouve entre les mains d’un groupe ethnique particulier.
Je suis un Beti et fier de l’être, parce que Beti veut dire les nobles et je suis fier d’être noble. Je fais tous les jours des efforts pour demeurer vertueux et mériter d’être Beti.
Je crois aussi que les tribalistes sont des ignorants. Ils sont en effet comme Joseph Owona, qui est connu comme un tribaliste notoire mais qui n’a pas une Beti comme sa femme, produisant ainsi des enfants qui n’ont pas que le sang Beti. Et ironie du sort, un ancien nous avait même révélé que le père adultérin de Joseph Owona était un médecin Bamiléké. Que chacun d’entre nous essaie de remonter son arbre généalogique s’il peut. L’on trouverait alors des ancêtres les plus incroyables, souvent issus des ethnies que l’on hait aujourd’hui. Chacun d’entre nous se trouve dans un flux de vie qu’il ou elle va perpétuer. Nos ancêtres sont en nous et nous sommes nos ancêtres; pourtant nous ne connaissons pas les origines ethniques de tous nos ancêtres.
Si je suis donc fier d’être un Beti, c’est parce que mes ancêtres Beti connus étaient des nobles. Par contre, regardez ces individus corrompus, assassins, détourneurs des fonds publics, homosexuels, menteurs et escrocs qui n’ont pour seuls dieux que la panse et le sexe, et qui  bombent le torse dans tous les villages des misérables Beti en se présentant comme des « élites », alors qu’ils souillent plutôt le nom de leurs ancêtres. Ce sont de tels individus moralement misérables qui ont rejoint le démon de Mvomeka’a pour salir le nom des nobles. C’est eux les tribalistes, qui entraînent cependant les autres ignorants des autres groupes ethniques camerounais dans le langage des conflits tribaux, que les dominateurs étrangers souhaitent voir de plus en plus enflammés.

Cette armée a t-elle désormais cessé d’être une armée citoyenne? Que faire maintenant?

Biya bi Mvondo, en baissant les salaires à la fonction publique, avait laissé comprendre aux agents de l’État que chacun doit brouter là où il est attaché. Et chacun s’est mis à vendre, pour son profit personnel, les services et biens publics légalement destinés à être gratuitement alloués aux usagers. C’est ainsi que la corruption s’est généralisée comme la règle de survie dans une société camerounaise paupérisée. En gangrenant ainsi la société camerounaise par la corruption, le but de Biya était alors double : 1) les corrompus auront les mains tellement salis par la corruption qu’ils ne pourront plus être subversifs en s’opposant au régime, et 2) les corrompus s’opposeront à toute idée de changement et feront toujours échec à toute opposition, assurant ainsi les victoires électorales que Biya veut.
Le revers de la médaille en est cependant que d’autres personnes qui n’ont pas des services et produits publics à vendre, et qui savent pourtant que telle est la règle pour survivre dans la société camerounaise actuelle, cherchent par tous les moyens à soutirer aux mêmes usagers camerounais sans défense tout ce que ces derniers possèdent. C’est ainsi que le phénomène des feymen s’est développé sur la base de l’escroquerie simple. Des éléments des forces armées ont également vu que, à l’image des fonctionnaires, ils peuvent vendre ou utiliser ce qu’ils ont, à savoir les armes et les munitions, pour soutirer aux usagers camerounais tout ce que ces derniers possèdent comme biens. C’est ce qui explique la résurgence des gangs de « braqueurs ». Feymania comme braquage, ce sont des excroissances de la corruption répandue au Cameroun par Paul Biya.
Les Camerounais ont marre de la corruption et souhaitent que leur pays soit libéré des mains de Biya et sa clique d’antipatriotes. Mais Paul Biya veut encore briguer un autre mandat de sept ans. Tout le monde sait bien que Biya ne peut pas mettre fin à la corruption, à la feymania et au braquage au Cameroun. Les militaires, gendarmes et policiers corrompus qui sont à la tête des gangs de braqueurs ne le laisseront pas faire, de même que les fonctionnaires corrompus. Biya n’est donc pas la solution que les Camerounais veulent. Seuls des femmes et hommes nouveaux peuvent mettre fin à la corruption au Cameroun.
Telles que les choses se présentent maintenant, il n’y a pas d’autre solution que le soulèvement populaire et armé, avec pour but de renverser le gouvernement de Paul Biya. Seul un tel soulèvement populaire pourra apporter les femmes et les hommes nouveaux dont le Peuple a besoin pour diriger son pays. Un tel soulèvement populaire et armé devra compter dans ses rangs les patriotes parmi les officiers, gradés et soldats actuels de l’armée camerounaise. Le Changement que les Camerounais attendent doit écraser tous ceux qui tenteraient de lui opposer une résistance, à commencer par Paul Biya qui a choisi de s’éterniser au pouvoir.

Dans  le  discours du 14 août à la nation  (après les élections du 22 juillet)  le président Biya chef du parti Rdpc affirme : « Pour l’essentiel, les élections se sont déroulées de façon libre et transparente. Si quelques dysfonctionnements ont pu être constatés, ils n’étaient pas de nature à en modifier le résultat. » Selon vous peut-on valablement dire  qu’il  y au eu élection au Cameroun  (élections législatives et municipales du 22 juillet dernier) et quelles leçons en tirez-vous ?  

Des élections fraudées ne sont pas une expression populaire; et par conséquent ne sont pas légitimes et n’engagent pas le Peuple. Il n’y a eu aucune élection qui exprime l’expression réelle du Peuple camerounais depuis que Paul Biya est au pouvoir.

Le dernier remaniement au Cameroun a vu le limogeage du ministre de l'Economie et des Finances, Polycarpe Abah Abah. Au cours du conseil des ministres du 13 septembre 2007, qui a suivi le réaménagement du gouvernement, le Président Paul Biya, dans un désaveu complet de la politique fiscale menée par son ancien ministre de l'Economie et des Finances, "recommande de modifier l'attitude à l'égard du secteur privé, notamment en matière de fiscalité, en la rendant plus incitative". Comment jugez- ce limogeage?

Rien ne changera après ce simple changement d’hommes à des postes.


Lors  du dernier remaniement  ministériel, on a dit du président  Biya qu’il a décapité  le G11?  Connaissez-vous ce groupe? Pouvez- vous nous dire au juste quel est l’agenda de ce groupe et qui sont  les personnes connues et inconnues derrière ce mouvement? 

Je ne sais pas grand-chose de ce groupe.

Existe–il d’autres  groupes parallèles ? 

Des groupes de Camerounais sont actifs. J’ai vu des plans de Changement du Cameroun qui m’ont impressioné au regard du travail technique énorme abattu et de la faisabilité pratique des stratégies pour mettre fin à la corruption, des projets d’investissement de base indispensables au progrès vers le bien-être général. Je ne peux pas révéler de nom précis, mais je peux vous assurer que des groupes de Camerounais sont capables de redresser le Cameroun et de le sortir de son état de pauvreté actuelle en l’espace de deux ans seulement.


Dans une entrevue donnée à Jeune Afrique Economie  en 1992, Robert Messi Messi avait brandi des preuves qui mettaient directement en cause le Président Biya  au sujet de la dilapidation des fonds de l’État. Bien que la justice camerounais ait rendu récemment des peines de 50, 30 et 15 ans à certaines personnalités du régime Biya, pensez-vous que M. Biya peut efficacement combattre la corruption et la mauvaise gestion publique lorsque que l’on sait que de nombreux ministres encore en poste et autres  directeurs généraux des sociétés disposent de fortunes dont ils ne peuvent justifier l’origine ?

J’ai dit que Paul Biya ne peut pas combattre la corruption qu’il a lui-même installée au Cameroun. Il ne doit sa survie politique que grâce à la corruption et à l’armée. Il avait commencé à utiliser les banques camerounaises comme ses caisses personnelles, et j’étais cadre à la Société Camerounaise de Banque en charge des engagements à cette époque; même comme les comptes de Jeanne Irène et Paul Biya étaient gérés uniquement par Robert Messi Messi, qui seul en possédait les clés électroniques. Ce que nous voyions cependant c’était seulement des sorties impressionnantes de cash, sur ordres de la présidence.
Messi Messi Robert ne peut donc pas manquer de preuves contre Biya, même comme lui-même n’est rien d’autre qu’un minable corrompu, un détourneur de fonds publics et un voleur qui a passé tout son temps à chercher à s’enrichir personnellement en un temps record, au lieu de saisir l’opportunité qui lui était offerte pour se confirmer comme un cadre supérieur. C’est seulement quand il savait qu’il était déjà cerné par des enquêtes sur ses malversations que Messi Messi, lors de ses dernières nominations, m’affecta de l’exil où il m’avait envoyé à l’agence de Bertoua pour Bafoussam comme responsable des engagements. Il m’avait auparavant exilé à Bertoua suite à ma découverte de la faillite de la société française Juan Bastos de l’Afrique Centrale, que d’autres cadres et lui-même cachaient alors depuis des années déjà, mais aussi à cause de mes avis défavorables sur beaucoup de dossiers de crédit que lui et d’autres protégés soutenaient. Il demandait alors que je passe le voir (pour le remercier?) lors de mon passage pour Bafoussam. Mais quand je passais ainsi, il était déjà limogé. L’on m’apprit alors à Bafoussam qu’il comptait sur moi, le spécialiste des dossiers de crédits, pour lui trouver un habillage technique pour les décaissements de plus d’un milliard CFA qu’il avait frauduleusement effectués pour son compte personnel dans le compte écran d’un ancien taximan de l’Ouest.
Messi Messi utilisait alors les fonds de tels détournements pour construire son propre palais dans son village de Ngomedzap, à l’image d’un palais similaire que Biya construisait parallèlement à Mvomeka’a grâce aux fonds détournés des caisses de la Société Camerounaise de Banque en usant de la même méthode des décaissements sans dossiers. Il faut bien rappeler que les décaissements sans dossiers dans les banques étaient courants pendant le régime d’Ahmadou Ahidjo, qui avait ainsi, sur le dos d’un système bancaire jeune et fragile, transformé en un temps record des bergers foulbé en autant d’hommes d’affaires milliardaires. Les premières méthodes de détournements de Paul Biya consistaient alors à puiser dans les caisses des mêmes banques comme les Nordistes auparavant, et à transformer lui-même et une certaine « élite » Beti et Bulu en autant de milliardaires en un temps record. L’intelligence de Messi Messi, comme celle de tout voleur, était essentiellement limitée. Voici comment il raisonnait : si Paul Biya détourne les fonds de la banque en décaissant l’argent sur un compte au nom de sa femme Jeanne Irène, il faut que moi Messi Messi je sois plus malin en détournant les fonds de la banque par décaissements sur le compte d’un homme écran, un taximan Bamiléké. Il se trompait donc énormément sur moi en espérant pouvoir m’utiliser sous prétexte qu’il m’aurait racheté de l’exil de Bertoua. Ici aussi, vous constaterez que les enquêtes ouvertes sur les détournements de la SCB de Messi Messi ont été classées une fois que ce dernier s’était réfugié au Canada, comme si la police Interpol n’existait pas et comme s’il ne pouvait pas être jugé de ses crimes au Canada. Paul Biya avait tout simplement demandé qu’on enterre le dossier Messi Messi, qui demeure son complice de vol.

L’entreprise américaine Hydromine a signé le 13 janvier 2006 un accord du type BOT « Build Operate and Transfer » [Construire, Exploiter et Céder] avec le ministre de l’économie et des finances pour la construction d’un chemin de fer entre Edéa et Kribi, ainsi que la construction d’un port en eaux profondes à Kribi. Hydromine poursuit également le développement des réserves de bauxite dans la province de l’Adamaoua à Ngaoundal et Mini-Martap, ainsi que d’autres projets d’investissement importants. Hydromine pourrait investir entre 4 et 5 milliards de dollars dans le secteur des mines et du raffinage, devenant  le plus grand investisseur étranger que le Cameroun ait jamais connu. Dans votre  enquête sur  cette entreprise vous êtes rendu à l’évidence  que cette entreprise était enregistrée dans les livres de l’État du Delaware, Hydromine Inc  sous le numéro 3846747 comme entreprise le 25 Août 2004, avec pour objet social « général ». Et que par la suite enregistré, le 2 Novembre 2005 dans les livres de l’État de New York, son siège social à l’adresse : 230 Park Avenue Suite 912, New York, NY 10169 (une petite chambre). Pensez-vous que cette jeune entreprise dispose d’une expertise  en matière d’exploitation de la bauxite ?

Toutes les sources que j’ai consultées dans le cadre de cette enquête n’ont confirmé aucune présence ni de Peter Brigger, ni de Hydromine Inc que ce soit dans le domaine des mines en général ou dans le domaine particulier de l’exploitation de la bauxite. Peter Brigger apparaît seulement à Park Avenue, New York comme un avocat en fiscalité, c’est-à-dire un conseiller des riches en matières de placement des fonds dans des paradis fiscaux. L’individu Peter Brigger ainsi que l’entreprise Hydromine ne peuvent pas faire tout ce que Paul Biya et son régime ont pompeusement déclaré qu’ils peuvent, à moins que ce soit tout simplement la fortune de Biya qu’une telle entreprise écran réinjecte pour que le démon de Mvomeka’a prenne personnellement l’entière possession des réserves de bauxite du Cameroun. Tel était son plan. Et évidemment, il ne pouvait plus en parler dans son dernier discours de fin d’année, qui n’avait pourtant pour seul appui que la promesse des investissements.

Qu’est ce qui explique que pour donner l’exclusivité de l’exploitation de la bauxite du Cameroun à Hydromine, le gouvernement camerounais ait dissolu les organismes initialement chargés de mener le projet bauxite à bon terme, notamment la Société d'études de la bauxite du Cameroun (Sebacam), dont le Pca était M. Sadou Daoudou et ensuite  écarté des exploitants de la bauxite mondialement connus, comme la canadienne Alcan, dernier acquéreur de la française Pechiney?

Simplement parce que Paul Biya avait le plan de devenir le propriétaire des réserves de bauxite du Cameroun. Pour ce faire, il lui fallait des sociétés et des hommes écrans. D’abord il a essayé un italien, Campailla, et l’affaire a fini par une plainte de ce dernier en justice. C’est alors qu’il s’était tourné sur cet individu de Peter Brigger pour monter la société écran qu’est Hydromine.

Comment comprendre que l’État du Cameroun ait  confié toute la responsabilité et l’exclusivité de l’exploitation des vastes réserves de bauxite du pays à une entreprise qui vient à peine d’être créée et qui n’a aucune expérience connue en matière des mines et de la bauxite ?  Est-ce parce que, comme vous l’affirmez   dans  votre enquête sur le projet bauxite au Cameroun,  Hydromine Inc et son président Peter Brigger  seraient  des  écrans pour la fortune de Paul Biya? Qu’est ce qui vous fait dire cela?

C’est cela. Mon enquête m’a mené à cette conclusion, notamment après l’entretien téléphonique que j’ai eu avec Peter Brigger, et dont je n’ai pas livré le contenu entier. J’avais alors en quelques minutes réalisé qu’il n’a pas l’étoffe du riche qui possèderait des milliards de dollars. Ne serait-ce que le flair du banquier et l’expérience de tout MBA vous fait reconnaître un investisseur sérieux ou non en l’espace d’un entretien.


Qui sont, selon vous, ceux  qui continuent à faire le tapage et à vanter l’envergure de Hydromine Inc,  une entreprise qui est placée dans le secteur des « Financial Planning Consultants » et qui s’apprêterait à  investir près de 1.000 milliards dans l’exploitation de  bauxite?

Le régime Biya, mais également l’ancien ambassadeur des Etats-Unis.

Ou en est–on actuellement avec le projet Bauxite de Hydromine, Paul Biya n’en a pas parlé dans son discours du 31 alors que  c’est un projet disait-on qui pouvait offrir des milliers  d’emplois aux Camerounais? Un proche de  M. Biya, Pierre Ndongo Zanga, ne disait –il pas qu’un  tel projet pouvait  générer environ 60.000 emplois directs et indirects?

La question devrait leur être posée.

Résurgence du conflit de Bakassi, enquêtes sur des coups d’État en préparation, détention d’officiers et de soldats de l’armée, décision de changer la constitution et d’organiser des élections anticipées favorables au dictateur, etc. Tout montre que le Cameroun est tout sauf « cet îlot de paix, d’unité, de stabilité, de justice et de progrès dans un monde aux prises avec les affres de l’instabilité, de la violence et de la pénurie » que Paul Biya se plait à chanter à travers le monde. Ce résumé  dont vous faites du Cameroun de 2007, ne risque t-il pas de s’accentuer en 2008? Y a t-il encore lieu de parler de possibilités d’une  véritable alternance politique en  2011  surtout  en tenant compte des changements avenir de la constitution  par Paul Biya?

Il n’y a pas d’espoir possible du bien au Cameroun avec Paul Biya et sa clique de corrompus. La seule porte de sortie est le soulèvement populaire et armé pour déposer le mauvais régime et réaliser le changement par des institutions nouvelles oeuvrant pour le bien-être général. Il faudra que les femmes et les hommes nouveaux mettent en place un gouvernement de transition, qui aura pour but d'édifier un État de droit, une démocratie fondée sur les savoirs du terroir.
Les Camerounais, citoyens et militaires patriotes doivent comprendre que, si de simples individus en haillons et babouches ont réussi à rendre impossible toute victoire de l’armée américaine en Irak ou en Afghanistan, les Camerounais stopperont toute intervention armée française qui se dresserait contre le Peuple combattant. Aucun Peuple ne peut être dominé si un tel Peuple est déterminé à refuser la domination.



LISTE NON EXHAUSTIVE DES OFFICIERS CAMEROUNAIS PLACÉS SUR ECOUTE TELEPHONIQUE


Gendarmerie

Général de brigade Dagafounangsou

Colonel Djidda Kitikil
Comonel Ousmanou Bobbo
Colonel Doh Kothem Godfrey
Colonel Djonkissam Félix
Colonel Adji Gadjama
Lieutenant-colonel Dara Gaston
Capitaine Wounai


Armées

Général de brigade Taka Songola
Général de brigade Ngambou Esaïe

Colonel Tidjani Souaibou
Capitaine de vaisseau Oyono Mveng
Colonel Mahamat Ahmed
Colonel Yonkamla Ressala
Colonel Boukar Satomi
Colonel Issiakou Garba
Colonel Tumentah  Chomuh Martin
Colonel Eyong Tambong Joseph
Colonel Zaoro Michel
Capitaine de vaisseau  Djorwé Koskréo
Colonel Etoundi Blaise
Colonel Mitlassou Justin
Colonel Moukia Emmanuel
Lieutenant colonel Nji Formukong
Lieutenant colonel Bouba Dobekreo
Chef de bataillon Djengoué Charles

Le Chef de bataillon Douraï  est exempté après avoir accepté de ramener le lieutenant Comanda Félix (déserteur) vivant ou mort.
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