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Elf Petroleum, Biya, Ze et René Meka, commanditaires de la tuerie des 21 soldats à Bakassi
La France, jalouse de la position dominante des Américains dans l’exploitation pétrolière dans le Golfe de Guinée, est entrain d’encourager un terrorisme dans la zone du Delta du Niger. Paul Biya, Remy Ze Meka, et celui qui coordonne au Cameroun la coopération militaire avec la France, à savoir le Général René Meka, sont à la base du massacre de nos soldats à Bakassi. Ils ont installé un réseau d’approvisionnement des gangs armés qui sèment la terreur dans la zone pétrolifère du Delta du Niger. Nos 21 soldats étaient des témoins encombrants d’une politique de déstabilisation par Paul Biya des pays voisins, dont également le Tchad et la RCA.
Ndzana Seme


NEW YORK 01/07/2008 - Un jour du 12 novembre 2007, 21 de nos fils et frères défendant patriotiquement notre territoire à Bakassi étaient sauvagement assassinés par des individus en tenue militaire camerounaise, qu’ils étaient accourus pour accueillir. Les survivants, que les assassins avaient laissés pour morts, ont depuis lors déclaré que leurs exécuteurs étaient des militaires de leur propre armée camerounaise.

Cinquante jours plus tard, au moment où le public national et international attend des lumières sur ce massacre, le président de la république du Cameroun et chef suprême des forces armées camerounaises, en se prononçant pour la première sur ce sujet dans son discours des vœux de fin d’année, s’est milité à dire ce qui suit :

« Toute la lumière doit être faite sur ce qui s’est passé à BAKASSI. Les autorités nigérianes nous ont assuré qu’elles n’avaient aucune responsabilité dans ce drame. Elles ont dépêché à Yaoundé un Ministre d’Etat… Des enquêtes sont en cours du côté nigérian et du côté camerounais. »

Et Paul Biya de poursuivre en disant :

« En attendant, des précautions ont été prises pour qu’ils ne puissent plus se reproduire. La nation sait pouvoir compter sur son armée. »

Et les précautions dont il s’agit se ramènent au dernier décret présidentiel de création de nouvelles unités de gendarmerie et de police dans la région frontalière. Estimant qu’il a ainsi fait sa part de travail dans cette affaire, Paul Biya n’a plus que les souhaits suivants à exprimer :

« Je veux croire qu’elles [les enquêtes] feront apparaître la vérité sur ces actes odieux dont les coupables doivent être punis. »

Les faits pointent sur la piste de la raison d’État

Le chef d’État camerounais ne donne donc aucune assurance que la vérité sera jamais faite sur cette tuerie, se contentant plutôt de simples souhaits. Quand on connaît les multiples enquêtes qu’il a fait ouvrir à d’autres occasions similaires et dont on ignore la suite depuis des années et des décennies, il faut désespérer que la lumière soit jamais faite sur ce massacre.

Les faits, tels que les survivants déclarent qu’ils se sont déroulés, sont cependant des plus troublants. Si des gangs armés nigérians étaient les exécuteurs du massacre, pour quel intérêt tiendraient ils à éliminer tout le monde dans le camp de l’armée camerounaise? Les survivants déclarent en effet que les tueurs achevaient systématiquement tous les blessés. S’il était vrai que de tels assaillants nigérians voulaient se venger de n’avoir pas reçu les armes malgré l’argent qu’ils avaient versé à leurs complices de l’armée camerounaise, donner une leçon ou un avertissement aurait dû être leur but. Et pour donner une leçon ou un avertissement à un groupe, l’on ne tient pas à tuer tout le monde au sein d’un tel groupe.

Le terrorisme dans le Delta du Niger

La production journalière du Nigeria, le huitième producteur pétrolier mondial, a chuté de 25% en 2007 à 2,1 millions de barils, par jour par rapport à 2006, à cause de l’instabilité et de la violence ancrées dans la région du Delta du Niger riche en pétrole.  Une telle baisse de la production du Nigeria, principal fournisseur africain et cinquième fournisseur des Etats-Unis, a contribué à l’augmentation actuelle des cours mondiaux du pétrole.

En 2007, plus de 200 travailleurs étrangers étaient pris en otage, souvent relâchés plus tard contre le paiement des rançons exigées.  La violence dans le Delta du Niger a souvent forcé des entreprises à baisser leur production pétrolière, telles Shell, Chevron, et TotalFinaElf en 2003 quand elles étaient confrontées aux multiples attaques des jeunes Ijaw et Itsekiri. Elf et la France semblent cependant s’être organisées pour tourner la situation du terrorisme à leur avantage.

La ville de Port Harcourt et la région entière du sud du Nigeria ont été lourdement militarisés, avec des milliers de troupes gouvernementales déployées dans les États de Rivers, Delta et Bayelsa. Malgré de tels efforts importants de sécurisation de la part du gouvernement fédéral, les gangs qui terrorisent les investisseurs étrangers dans la région sont pratiquement imprenables et de mieux en mieux armés.

Selon une firme internationale de renseignements travaillant en collaboration avec la National Intelligence Agency, deux groupes de jeunes émergent parmi une multitude d’autres qui terrorisent les entreprises pétrolières et leur personnel dans la région du Delta.

Il y a d’abord le Niger Delta People's Volunteer Force (NDPVF) de Mujahid Dokubo-Asari, un homme devenu la figure la plus connue de la résistance des pauvres populations Ijaw. Après avoir créé le mouvement des jeunes NDPVF en 2003, Asari combattit les gangs rivaux, vandalisa les pipelines et détruisit les infrastructures énergétiques tout en déclarant une guerre ouverte au gouvernement nigérian. Arrêté en 2005, Asari de sa prison continua de coordonner les activités de son organisation, gagnant ainsi le respect des autres gangs Ijaw. Ces derniers exigèrent sa libération comme condition de la diminution de leurs actes terroristes. Le 14 juin 2007, le nouveau gouvernement du Président Umaru Yar'Adua libéra Asari de prison. Les gangs liés à Asari sont diffus dans leur fonctionnement et ne donnent pas encore de renseignements capitaux.

Des pistes lient Elf Nigeria aux groupes terroristes

Tel n’est cependant pas le cas avec le Movement for the Emancipation of the Niger Delta (MEND). Le porte parole du MEND, Jomo Gbomo était en septembre dernier arrêté par les autorités angolaises entrain de négocier un contrat d’armes. Gbomo est depuis lors en prison en Angola, mais continue ses actions dans le MEND, à l’exemple du communiqué de trêve lors des dernières fêtes de fin d’année, qu’il a signé de sa prison.

La dernière attaque du MEND eut lieu en octobre dernier, tuant un officier de la marine et blessant quatre employés marins dans un vaisseau qui protégeait les puits pétroliers de Shell sur les côtes du sud du Nigeria. Le MEND avait révendiqué la responsabilité de multiples prises d’otages – dont beaucoup étaient osées et portaient sur des installations en eaux profondes -  ainsi que celle des attaques sur les biens des sociétés pétrolières.

Des filatures montées sur les leaders et éléments du MEND ont porté des fruits. Elles ont établi des contacts de ces groupes terroristes avec des responsables Elf Petroleum, une succursale de TotalFinaElf qui n’exploite plus que 10% du pétrole nigérian, contre 30% pour Shell. Il a également été établi que des gangs terroristes du MEND ou proches du MEND s’approvisionnaient en armes et munitions dans la région disputée de Bakassi, certainement auprès des forces armées camerounaises.

Comme nous le disons donc dans un récent entretien avec le journaliste Modeste Mba Talla de Icicemac.com, Paul Biya, Ze Meka et leurs complices militaires exécuteurs ont sauvagement assassiné nos fils et frères qui croyaient défendre patriotiquement notre pays. Ils ont commis un tel massacre pour effacer les traces d’un trafic de vente d’armes aux gangs armés nigérians qui kidnappent régulièrement le personnel des compagnies pétrolières contre les rançons, terrorisent les populations dans la région du Delta du Niger et ont fini par établir un no man’s land dans cette région nigériane. Nos vaillants soldats tués, mais également les rescapés qui sont aujourd’hui en danger de mort, avaient été des témoins de l’ignoble trafic des armes de guerre et des munitions. La mafia de Biya devait tout simplement les éliminer.

Vous voyez bien que le commandant de l’Opération Delta de Bakassi et de la Base Navale de Douala, Oyono Mveng qui était à la tête de l’opération du massacre et aurait été dévisagé par les témoins, est laissé depuis lors libre de ses mouvements. Il sera tout simplement relâché et les enquêtes n’aboutiront à rien. Pourquoi?

La France, jalouse de la position dominante des Américains dans l’exploitation pétrolière dans le Golfe de Guinée, est entrain d’encourager un terrorisme dans la zone du Delta du Niger. Son meilleur allié pour ce faire est Paul Biya. La personne de Paul Biya qui centralise et coordonne ces opérations de déstabilisation des pays voisins est le chef d’état major des armées, le général René Meka. C’est lui l’autorité qui travaille avec la coopération militaire française. Il se trouve aussi être l’oncle du ministre de la défense Rémy Ze Meka. Il serait donc étonnant que Oyono Mveng soit inquiété dans cette affaire, lui qui a agi dans cette opération d’élimination des témoins encombrants dans le cadre d’une opération commandée par ses deux supérieurs de la famille Meka et par Paul Biya lui-même.

Paul Biya n’est pas à son premier coup en la matière. Le 17 juillet 2007, je publiais l’information selon laquelle Paul Biya assure les bases arrière en hébergeant les rebelles centrafricains et tchadiens qui déstabilisent ces deux pays voisins. Leur refuge de prédilection est le royaume traditionnel du Rey Bouba, dont le Lamido est non seulement un membre de gouvernement secrétaire d’État, mais surtout un supporter aveugle de Biya. Le fait que Paul Biya avait envoyé son conseiller israélien Abraham Ivon ainsi que le lamido de Rey Bouba pour rassurer les opposants armés centrafricains de son parrainage et de sa protection après une tuerie de certains des leurs au Rey Bouba, est la preuve que Biya dirige lui-même les opérations de déstabilisation de nos États voisins, en plus des actions menés par ses complices de la famille Meka.

Il se passe maintenant que René Kontelizo, le commandant du port autonome de Douala vient d’être arrêté dans le cadre d’une enquête l’impliquant dans le trafic d’approvisionnement en armes des rebellions de Centrafrique, du Tchad et du Soudan. Une confirmation de plus de mon information. Vous verrez également que pour ce dernier cas, Biya retirera l’enquête des mains de la PJ de Douala, comme il l’a fait avec l’enquête du faux coup d’État de Ze Meka. Qand il retire une enquête des mains de ceux qui l’ont initiée, le but recherché est d’éloigner les enquêteurs qui sont sur de bonnes pistes, de façon que les nouveaux enquêteurs à sa solde puissent aisément classer le dossier.

Paul Biya et Remy Ze Meka sont à la base du massacre de nos soldats à Bakassi. Ils ont installé un réseau d’approvisionnement des gangs armés qui font la loi dans la zone pétrolifère nigériane. Paul Biya en escompte une déstabilisation permanente de son voisin le Nigeria. Et comme toujours, un tel plan de déstabilisation du Nigeria à travers l’armement des bandes de terroristes se fait sous la supervision de la France, un pays fondamentalement jaloux de la présence pétrolière américaine dans le golfe de Guinée.
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