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| Sud-Ouest : Près de dix morts dans un conflit ethnique à Akwaya
Par Denis Nkwebo, Mutations 15/01/2008 Les soldats nigérians menacent de voler aux secours de leurs compatriotes qui se battent avec des Camerounais depuis le 31 décembre. Sur la grande colline de la ville d’Akwaya dans le département de la Manyu, près de la frontière avec le Nigeria, les populations camerounaises de l’ethnie Olitie s’opposent, de façon sporadique, à l’aide de fusils de fabrication artisanale, aux Yive, ressortissants de l’Etat nigérian de la Benue , qui y vivent depuis des décennies. Selon le témoignage d’un rescapé, le face à face qui dure depuis le 31 décembre 2007 a déjà fait près de 10 morts. De source proche de la légion de gendarmerie du Sud-Ouest, six gendarmes de la compagnie de Mamfé sont allés renforcer les effectifs de la brigade locale d’Akwaya, quelques jours seulement après le début des affrontements. Hier, une source au secrétariat d’Etat à la Défense a confié à Mutations que : " C’est tout un peloton qui a été déployé sur le terrain pour parer à toute éventualité ". La situation est d’autant plus préoccupante que des témoins ont affirmé avoir observé quelques mouvements de troupes dans les villes de Obudu et Amana, près d’Ikom, dans l’Etat nigérian de la Cross River. Akwaya n’est accessible qu’à partir du Nigeria. Il n’y a ni électricité, ni téléphone ; ce qui rend difficile toute opération de sécurisation des populations par les forces camerounaises. Des habitants de la région ayant fui les combats évoquent avec insistance, l’imminence d’une incursion de l’armée nigériane dans la zone de conflit. Cette éventualité a fait monter la tension d’un cran ces derniers jours, a-t-on appris de source proche du sous-préfet d’Akwaya, Ebombe Stephen Ngonde. Conflit foncier Ce dernier a d’ailleurs quitté son domicile de fonction, pour se réfugier dans une case de fortune, même s’il est en contact permanent avec le préfet de la Manyu, Oloume Bernard Awono. Par ailleurs, a-t-on appris, les officiels camerounais sur place à Akwaya ont déjà évacué les membres de leurs familles vers Mamfé pour échapper aux affrontements. Un conflit foncier entre les communautés Olitie et Yive sont à l’origine des affrontements en cours. Le 31 décembre dernier, un ressortissant Olitie a été attaqué au fusil de chasse, alors qu’il cueillait du vin de palme. Peu avant de rendre l’âme, il a poignardé à mort l’un de ses assaillants. " Les Yive ont coupé une tête humaine qu’ils brandissaient comme trophée au village ", a raconté un témoin oculaire. Depuis lors, la paix n’est pas revenue entre les deux communautés. Le bilan des affrontements est lourd : quatre morts selon la gendarmerie, 10 victimes de part et d’autres, selon les villageois olitie. Ces derniers affirment que les gendarmes se tiennent encore à l’écart des zones chaudes. Pour justifier cette attitude des troupes camerounaises, un responsable de la gendarmerie contacté à Mamfé soutient que les éléments camerounais ne veulent servir aucun prétexte à l’armée nigériane dont les chefs de postes frontaliers font montre d’une certaine agitation. |
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| CAMEROUN
Le directeur de la SEMIL dans la psychose des attentats Le bras droit du ministre de la défense Rémy Ze Meka et directeur de la division de la sécurité militaire, le colonel Gédéon Youssa, a récemment renforcé sa garde personnelle. Et pour cause, il vit dans la psychose d’un attentat. En novembre dernier, il est allé aux Etats-Unis planquer des centaines de millions de francs CFA, mettant ainsi son butin et celui du MINDEF à l’abri. Lors de l'arrestation de M. Luc Gnowa, ses éléments en mission avaient volé 4 millions FCFA dans les bureaux de l'Alliance biblique. Il a libéré cinq détenus ces derniers jours, mais ses plans de terreur sur la presse ne s’arrêteront pas à Luc Atangana hier ou Alain Batongue aujourd’hui. Car il donnera la prochaine charge sur Pius Njawé, afin d’étouffer toute information ou critique sur le massacre des 21 soldats camerounais à Bakassi et sur le vrai faux coup d’État de Guerandi objet de son simulacre d’enquête. Par Ndzana Seme NEW YORK 01/31/2008 - Si le commun des militaires camerounais vaque à ses devoirs sans se douter de rien, à l’exception des questions sans réponses sur le dernier massacre de 21 des leurs à Bakassi et de la détention de beaucoup d’autres, un duel sournois est entrain de s’établir entre les officiers loyaux à Ze Meka et les autres, notamment ceux qui sont sur écoute téléphonique. Tout se passe comme dans un duel du Far West au colt, où les adversaires sont immobiles et guettent tout mouvement, notamment tout son qui donnerait le départ des tirs. Le bras droit du ministre de la défense Rémy Ze Meka et directeur de la division de la sécurité militaire, le colonel Gédéon Youssa, a récemment renforcé sa garde personnelle. Et pour cause, il vit dans la psychose d’un attentat. Il ne sait pas d’où viendra un tel attentat, mais il sait au moins que l’un quelconque des officiers qu’il a mis sur écoute téléphonique peut décider d’un moment à l’autre d’en finir avec le trop zélé homme de Ze Meka qu’il est. Il sait en effet qu’autant ceux qu’il fait arrêter ou libérer de façon tout à fait arbitraire que ceux qu’il met sur écoute téléphonique sont impatients de savoir pourquoi il s’acharne ainsi sur les loyaux officiers et soldats qu’ils croient être. Ils attendent en particulier de savoir quels sont les résultats de son enquête sur le fameux coup d’État avorté de Guerandi. Et la flèche de la montre de leur patience approche la limite du tolérable. C’est à peine si Gédéon Youssa ne se barricade pas tout simplement dans son domicile, tellement il se cache ces derniers temps. Déjà en novembre dernier, Youssa a voyagé pour les Etats-Unis. Des sources militaires qui souhaitent garder l’anonymat, à cause de la gravité de la situation actuelle, indiquent que le directeur de la SEMIL serait allé déposer une forte somme évaluée à plusieurs centaines de millions de francs CFA dans des comptes bancaires appartenant autant à lui-même qu’à Rémy Ze Meka. D'où leur est venu cet argent? Seule une véritable enquête indépendante ferait de la lumière là-dessus. Il est bien entendu que nous ne pouvons pas percer les secrets bancaires, et là-dessus beaucoup au pays ont tendance à surestimer nos capacités. De toute évidence, le colonel Gédéon Youssa était allé planquer le butin de son complice de ministre, ainsi le sien propre et celui des autres fidèles, au cas où les choses pèteraient mal. Car la colère qui sourde au sein des officiers et bon nombre de soldats préfigure un éclatement armé dont on ignore le jour. Toujours sur le même cahier du vol organisé, les éléments que le directeur du SEMIL envoie pour opérer les arrestations se servent également à volonté. C’est ainsi que lors de l'arrestation de M. Luc Gnowa, les éléments mis en mission par Gédéon Youssa ont volé 4 millions FCFA dans les bureaux de l'Alliance biblique. Ce vol restera impuni tant que Gédéon Youssa règne sur la police militaire, le bras armé de Rémy Ze Meka dans ses règlements de comptes personnels. Dans le cadre de sa mission d’exécution de telles œuvres basses, le directeur du SEMIL prend des décisions qui ne répondent à aucune logique. Ces derniers jours, il a ainsi subitement libéré les prisonniers politiques suivants : Lieutenant Memong, les caporaux chefs Samba Nyame, Donfack et Njikam, ainsi que Monsieur Isaac Aktaye. Tout ceci sans aucune explication donnée aux intéressés. Après avoir sévi dans les milieux de la presse camerounaise en 2006, notamment avec sa séquestration impunie du journaliste Atangana Luc, Gédéon Youssa vient d’adopter d’autres plans pour 2008. Après avoir ordonné au MINCON et président du conseil d’administration de la CRTV, Jean Pierre Biyiti bi Essam, de sommer la presse camerounaise de s’interdire de parler de l’armée pendant qu’il mène ses fameuses enquêtes, le directeur du SEMIL entend frapper fort cette fois-ci. Embarrassé par nos révélations concernant autant le massacre de Bakassi que les noms des détenus qu’il maintient dans les cellules de la SEMIL et du SED, informations qu’il entendait garder top secret, Gédéon Youssa et Ze Meka entendent tout simplement museler la presse nationale au moment où le Cameroun peut basculer dans un conflit armé d’un moment à l’autre. Sa stratégie consiste en des frappes progressives et échelonnées. C’est dans ce cadre qu’il vient de convoquer l’un des journalistes de la presse privée proches du régime, à savoir le directeur de publication de Mutations Alain Batongue (lire article ci-dessous). Gédéon Youssa entend se baser sur l’article de Mutations du 15 janvier dernier faisant état d’un conflit armé dans le Sud-Ouest du pays (article repris ci-dessous) ainsi que sur la phrase « le Pca de la Pasta Sa n’a pas nié avoir été entendu par des éléments du Secrétariat d’Etat à la Défense il y a quelques mois » dans l’autre article de Mutations du 24 janvier intitulé Célestin Tawamba déclare ses biens et signé par Lazare Kolyang, afin d’intimider le DP. Mais il ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Il entend en effet s’attaquer ensuite à un gibier plus intéressant, notamment Pius Njawé du Messager, qu’il va aussi intimider sur la base des articles que son journal a publié sur l’armée, notamment la fameuse lettre ouverte des officiers et militaires demandant la tête de Ze Meka ainsi que celle du commandant de la base militaire de Bakassi. Comme notre source le dit si bien, « même si le colonel Youssa va se cacher dans le ventre de sa mère, il sera avorté et sera l’un des premiers à être neutralisés lorsque le moment arrive ». § LISTE NON EXHAUSTIVE DES OFFICIERS CAMEROUNAIS PLACÉS SUR ECOUTE TELEPHONIQUE GENDARMERIE Général de brigade Dagafounangsou Colonel Djidda Kitikil Comonel Ousmanou Bobbo Colonel Doh Kothem Godfrey Colonel Djonkissam Félix Colonel Adji Gadjama Lieutenant-colonel Dara Gaston Capitaine Wounai ARMEE Général de brigade Taka Songola Général de brigade Ngambou Esaïe Colonel Tidjani Souaibou Capitaine de vaisseau Oyono Mveng Colonel Mahamat Ahmed Colonel Yonkamla Ressala Colonel Boukar Satomi Colonel Issiakou Garba Colonel Tumentah Chomuh Martin Colonel Eyong Tambong Joseph Colonel Zaoro Michel Capitaine de vaisseau Djorwé Koskréo Colonel Etoundi Blaise Colonel Mitlassou Justin Colonel Moukia Emmanuel Lieutenant colonel Nji Formukong Lieutenant colonel Bouba Dobekreo Chef de bataillon Djengoué Charles Le Chef de bataillon Douraï est exempté après avoir accepté de ramener le lieutenant Comanda Félix (déserteur) vivant ou mort. PRISONIERS POLITIQUES EN DETENTION SECURITE MILITAIRE 1. Lieutenant colonel KOUE Emmanuel 2. Lieutenant MUE 3. Lieutenant NOMO 4. Lieutenant HOUE Charles 5. Second maître OUSMAN Boukar 6. Second Maître BOUKONO 7. Adjudant BOBIE SECRETARIAT D’ETAT A LA DEFENSE (sous-sol) 13. Second maître LITASSOU 14. Second maître OUSMANOU André 15. Sergent chef WAPI 16. Maréchal des logis GASISSOU 17. Sergent MADOU A. 18. Sergent NKOUE 19. Caporal-chef KAYAKOA 20. Caporal chef BELINGA AMOUGOU 21. Mr MBOKO LIBERES • Chef de bataillon DOURAI • Chef de bataillon DJENGOUE Charles • Capitaine WOUNAI § Lieutenant Memong § Caporal chef SAMBA NYAME § Caporal chef NDONFACK § Caporal chef NJIKAM § Monsieur Isaac Aktaye § Mr GNOWA Luc MALADES • Caporal chef 2 MBALLA ONDOUA, devenu fou et interné au Centre Jamot de Yaoundé |
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| Harcellement : La Semil cherche Alain B. Batongue
Une convocation de la police militaire a été servie au directeur de la publication de votre journal. J.B.K. Mutations 31.01.2008 Un militaire en civil dûment identifié comme tel s’est présenté hier mardi 29 janvier 2008 à la rédaction centrale de votre journal au Parc Repiquet à Yaoundé. Le soldat était envoyé, disait-il, pour acheter un espace publicitaire afin d’y faire passer un message de l’armée camerounaise. J.C, comme on appelle familièrement l’agent de sécurité à Mutations, commente d’ailleurs la visite inédite avec quelque amusement : " Comme j’étais intrigué, il m’a montré sa carte de la Semil (Sécurité militaire) et il a tiré d’une enveloppe une feuille qui semblait contenir un communiqué comme beaucoup de clients le font… Je l’ai donc laissé entrer. " Mais une fois dans le bureau du directeur de la publication qu’il a demandé à voir avec insistance, c’est une convocation qu’il lui sert. "Il est rentré et m’a présenté deux lettres, une copie et un original, raconte Alain Blaise Batongue, le directeur de la publication. Il a demandé une décharge de la copie et il est reparti. On était à un quart d’heure de midi et la convocation appelait l’intéressé à se présenter à 14 heures au ministère de la Défense." C’est en effet du ministère de la Défense que la lettre est venue. Ecrite à Yaoundé, le même 29 janvier 2008, elle était adressée à "Monsieur le directeur de publication de Mutation (sic) ". M. Batongue y était attendu au secrétariat de la Division de la sécurité militaire " pour répondre des faits dont la communication " devait lui être " faite séance tenante ". Et c’est le lieutenant-colonel Gédéon Youssa qui devait " procéder à l’exploitation " de notre collègue, selon les usages verbaux dans les forces armées camerounaises. Pour le directeur de la publication qui était occupé à d’autres tâches hier en mi-journée, il était en effet incompréhensible que sa convocation puisse avoir d’autres motivations que celle de lui tirer quelques vers imaginaires du nez. Me Désiré Ndja, l’avocat qui est allé s’enquérir de la situation chez les policiers de l’armée n’y a cependant trouvé que de " bonnes intentions ". Les militaires qui croyaient recevoir en lui le " Dp de Mutations " se sont empressés de rechercher leur chef absent. Et d’après le colonel Youssa, Alain B. Batongue était convoqué pour une discussion informelle sur le traitement des sujets concernant l’armée dans la presse. " Il n’a rien à craindre et il peut m’appeler quand il veut ", a déclaré le militaire à l’avocat en lui remettant un numéro de téléphone. Mais alors, s’il s’agissait d’un échange amical, d’ " où vient-il qu’il devait répondre de faits qu’il découvrirait sur place comme dans un roman de Kafka ? ", se demandait un des visiteurs à la rédaction de votre journal, alerté par la réaction des syndicats de la presse. Pour un autre soldat, de la plume cette fois, c’est bien par " une amicale conversation que l’affaire des décrets avait commencée". En juillet 2001 en effet, l’ancien directeur de la publication de Mutations, Haman Mana, avait été interpellé et retenu toute une nuit par la gendarmerie après la publication des 21 décrets réformant les forces armées camerounaises. Au même moment et pour les mêmes raisons, les gendarmes avaient aussi " invité " à bavarder avec eux durant une journée le secrétaire général de l’époque Emmanuel Gustave Samnick et le rédacteur en chef d’alors… Alain B. Batongue. |
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