| ANGLAIS PORTUGAIS ESPAGNOL SWAHILI ARABE | |||||||||||||||||||||
| CAMEROUN
Les derniers décrets présidentiels enragent des officiers de l’armée Complètement confus et désorienté par l’attaque fatale de novembre sur les militaires camerounais à Bakassi ainsi que par le vrai-faux complot de coup d’État par Guerandi, que Ze Meka se démène comme un beau diable à prouver depuis plus d’un mois, Paul Biya a le 10 décembre dernier signé des décrets de nomination qui rendent furieux la plupart des officiers camerounais. Le tribalisme, le mépris des grades et de l’ancienneté, la corruption et le favoritisme qui transpirent de ces décrets déshonorent l’armée camerounaise, dit un officier. Un autre ajoute qu’une telle situation ne doit pas être tolérée et ne doit pas durer, d’autant plus que d’autres officiers et soldats continuent d’être détenus arbitrairement sans que des accusations formelles soient produites. Par Ndzana Seme NEW YORK 12/15/2007 – Quand on trouve, dans les derniers décrets de Paul Biya, partout des noms Bulu et Beti à la tête des commandements territoriaux de l’armée, le caractère essentiellement tribal et tribaliste du régime apparaît sous toutes ses couleurs. Pour une fois depuis des décennies que Paul Biya a peur et ne peut pas identifier la menace que ses affidés cherchent à lui prouver, sa première réaction pour brouiller les cartes par les nominations n’est qu’une démonstration de son repli tribaliste. Aucun militaire camerounais n’est resté insensible en lisant qu’au commandement des trois régions militaires, Biya n’a trouvé personne d’autre de meilleur à la tête des états majors que le colonel Metogo Atangana Gabriel, le colonel Mbida Gabriel fils d’Ebogo Titus, le colonel Eba Eba Bede Benoît, le lieutenant colonel Ezo’o Mvondo Simon et le lieutenant colonel Tsilla Bathélémy. Tous secondent, avec d’autres officiers Bulu et Beti, le général René Meka, chef d’état major des armées. Il est donc clairement arrêté par Paul Biya que l’armée camerounaise sous son règne est commandée, non pas par les officiers les plus valeureux et méritants, mais par les Bulu et les Beti. Sous Paul Biya, la prostitution des corps armés a atteint des degrés tellement dégradants que les militaires, gendarmes et policiers, recrutés non pas sur la base de leurs capacités et de leur engagement patriotique, mais plutôt sur la base de leur activiste pour soutenir le président, s’érigent comme des affairistes notoires, des chefs de gangs qui sèment la terreur dans le pays, des corrompus qui marchandent les équipements et les services dont ils ont la charge. Dans une telle armée pourrie par l’affairisme, la corruption et le tribalisme, les grades et l’ancienneté sont sacrifiés sous l’autel des appels du ventre et de la tribu. Le colonel Mitlassou Justin en est l’une des victimes récentes. Parce que originaire de l’extrême Nord, la région d’origine du capitaine Guérandi aujourd’hui sous haute surveillance, le colonel Mitlassou, chef de service de la mobilité présidentielle, venait le 1er octobre dernier d’être écarté par Paul Biya de son entourage. Son crime n’est rien d’autre que d’avoir été un adjoint de Bénaé Mpecke qui avait les qualités requises pour remplacer ce dernier. Mitlassou a été accusé d’avoir vendu du matériel militaire pour son propre compte, dans une armée où tous les responsables de budgets se livrent au jeu favori des détournements du matériel militaire. Il a d’abord été mis à la disposition du ministère de la défense, puis traduit au tribunal militaire, avant d’être remis à la retraite. Le noyau dur Bulu de l’entourage de Paul Biya a obtenu sa tête, qu’ils ne voulaient pas voir prendre la place de Bénaé Mpecke. Un autre parmi les cas les plus choquants pour les officiers camerounais est celui du colonel Doh Kothem Godfrey, proprement descendu sans aucune raison de son poste de commandant de la légion de gendarmerie de l’extrême Nord. Doh a été rétrogradé par Paul Biya comme commandant en second de la deuxième région à Douala, placé ainsi sous les ordres du colonel Meka Meka, un officier moins ancien que lui au grade de colonel. Il en est tout aussi de même pour le colonel Issiakou Garba, soudainement dégommé comme commandant à Bafoussam, pour être parqué par Paul Biya comme sous chef ressources humaines dans les services rattachés au major général de l’armée de terre. Pendant ce temps, les officiers Bulu et Beti sont promus, tel le colonel Etoundi Blaise bombardé à la tête de l’EMIA. Et bien d’autres qui confirment clairement le caractère tribaliste de l’armée camerounaise entre les mains de Paul Biya et Rémy Ze Meka. L’enquête sur le vrai-faux coup d’État de Guérandi retirée des mains de Ze Meka Pendant qu’il entérinait les nominations et mouvements tribalistes de Ze Meka à la tête de l’armée camerounaise, Paul Biya retirait également des mains de son ministre de la défense l’enquête sur le vrai-faux complot de coup d’État. Ze Meka avait fini par paraître ridicule aux yeux de tous au sein du gouvernement, incapable qu’il est d’apporter la moindre preuve de ses accusations. Que Paul Biya ait retiré cette enquête de ses mains, pour la confier au secrétaire général de la présidence et au ministre de la justice, une telle décision présidentielle sauve le jeune loup Fong qui se trouvait complètement fourvoyé et enfermé sans issue dans le piège qu’il a tendu lui-même. Les victimes de Ze Meka restent cependant détenues et torturées dans les cellules de la Sécurité militaire et du Secrétariat d’État à la défense. Au Sommet Afrique-Union Européenne de Lisbone tenu les 8 et 9 décembre derniers, il y avait un absent de taille, Paul Biya. Et pour cause. Les officiers camerounais, par solidarité avec leurs collègues injustement détenus par Ze Meka, avaient organisé une forte offensive de lobbying auprès des participants autant européens qu’africains. Le résultat qu’il fallait prévoir n’a pas manqué : à savoir que Paul Biya a boycotté le sommet par son absence. La liste actualisée ci-dessous montre les noms des officiers, soldats et civils arbitrairement détenus par Ze Meka. Trois d’entre eux ont été libérés. Les autres restent enfermés et sont torturés pour faire des aveux afin de confirmer quelque part que Ze Meka avait raison de les arrêter. Il en est ainsi de Mr Gnowa Luc, le directeur de l’Alliance Biblique du Cameroun, dont le seul crime est de s’être préparé à monter au créneau pour dénoncer les abus et les crimes du régime de Paul Biya. Mis au courant de la sortie médiatique de Mr Gnowa, Ze Meka avait décidé de le faire arrêter avant qu’il puisse agir, en l’accusant du plus grand crime du pays, celui d’attente à la sûreté de l’État. Tout comme ses autres compagnons de misère détenus, Mr Gnowa Luc est tout simplement un prisonnier politique, qu’un assoiffé de pouvoirs a décidé de réduire au silence. PRISONIERS POLITIQUES EN DETENTION Sécurité militaire 1. Lieutenant colonel KOUE Emmanuel 2. Lieutenant MUE 3. Lieutenant NOMO 4. Lieutenant HOUE Charles 5. Second maître OUSMAN Boukar 6. Second Maître BOUKONO 7. Adjudant BOBIE 8. Caporal chef SAMBA NYAME 9. Caporal chef NDONFACK 10. Caporal chef NJIKAM 11. Mr GNOWA Luc Secrétariat d’Etat à la défense (sous-sol) 13. Second maître LITASSOU 14. Second maître OUSMANOU André 15. Sergent chef WAPI 16. Maréchal des logis GASISSOU 17. Sergent MADOU A. 18. Sergent NKOUE 19. Caporal-chef KAYAKOA 20. Caporal chef BELINGA AMOUGOU 21. Mr MBALLA ONDOUA 22. Mr MBOKO 23. Mr AKTAYE Isaac Libérés • Chef de bataillon DOURAI • Chef de bataillon DJENGOUE Charles • Capitaine WOUNAI |
|||||||||||||||||||||
| EDITORIAUX POLITIQUE ECONOMIE/FINANCE SPORTS DIVERTISSEMENTS FEMMES CONTACT |
|||||||||||||||||||||
| Retour page de garde | |||||||||||||||||||||
| _____________________________________________________ ©2003 The African Independent, Inc. All rights to republication are reserved |
|||||||||||||||||||||