CAMEROUN

Le Nouvel Avion du président Paul Biya, la Misère des Camerounais

19/04/2004 - Après les multiples déboires avec le fameux “Pélican”, plusieurs fois saisi sur ordres des autorités judiciaires des pays occidentaux, pour des factures impayées par la présidence camerounaise, le nouvel avion que le président Paul Biya vient de s’acheter s’appelle “Albatros”.

Il s’agit d’un Boeing 767-216(ER), dont la photo ci-dessus a été prise au cours de ce mois sur l’aéroport américain Atlanta – The William B Hartsfield International (ATL/KATL) et publiée sur le website http://www.airliners.net.

Au moment où le président camerounais s’achète un avion tout neuf – du moins il vient d’être fraîchement paint ces derniers jours – en vue de sa nouvelle image lors des élections présidentielles 2004, auxquelles il annoncera sa candidature le 20 Mai prochain, les Camerounais assistent à la fermeture de la Caisse d’Epargne Postale, aux coupures d’électricité et d’eau, à la pénurie du gaz domestique, de l’essence, des médicaments dans les hôpitaux, des routes, toutes choses dont a besoin tout pays pour s’émanciper.

Les nouveaux habits du dictateur, dont le clinquant d’un avion personnel est l’un des attributs les plus porteurs, sont évidemment les meilleurs arguments trouvés par le clan Biya pour défendre sa candidature – la situation économique et sociale étant tout simplement désastreuse et indéfendable -, dans un pays où l’opposition et le peuple se trouvent complètement épuisés et vaincus par plus d’une décennie de fraudes électorales administratives, de corruption et de division des formations progressistes, de menaces et d’assassinats des véritables opposants.

Les Camerounais étaient confortables ces dernières années avec l’opposition du FMI et de la Banque mondiale placée contre le desir de Paul Biya de s’acheter un nouvel avion, à l’appui de l’argument selon lequel la situation économique du Cameroun ne permet pas un tel luxe. Maintenant que l’Albatros est acheté, il faut se demander si la situation économique s’est miraculeusement transformée; à moins de comprendre que les décideurs du FMI et de la Banque mondiale ont tout simplement bu dans la soupe corruptrice de Biya et s’en sont par la suite sortis avec des positions toutes contraires.

Il faut également se demander ce que le chef d’Etat d’un pays aussi pauvre que le Cameroun - où la compagnie nationale Camair nage dans des problèmes financiers, manquant notamment d’avions – fait avec un avion construit pour l’usage commercial, un gros porteur comme le Boeing 767 nécessitant une rentabilisation pour justifier son coût.

Il n’est donc pas éxagéré quand beaucoup trouvent que le Cameroun traverse tout simplement une malédiction, dont le terme ne pourrait survenir qu’à travers la force.

Ndzana Seme
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